Libreville, 4 octobre 2026 — La question de l’immigration s’invite une nouvelle fois dans le débat public gabonais. Réunis cet samedi 03 dans le premier arrondissement de la commune de Libreville, plusieurs jeunes leaders regroupés au sein d’un collectif ont tenu une conférence de presse consacrée à la situation migratoire du pays et à ses conséquences sur la société gabonaise.
Prenant la parole devant les journalistes, Alain Gauthier Mvomo, l’un des responsables du collectif, a tenu à clarifier la démarche du groupe, après la sortie publique organisée le 26 septembre dernier sur l’esplanade de la Libération.
Selon lui, cette nouvelle rencontre visait notamment à éviter toute mauvaise interprétation du message porté par le collectif. « Nous ne sommes pas contre les étrangers comme présence étrangère, mais contre le taux qui pose problème », a-t-il expliqué, estimant que la progression de la présence étrangère au Gabon mérite désormais un débat national.
Le collectif affirme avoir voulu réagir aux différentes interprétations suscitées par sa précédente mobilisation, certains commentaires ayant, selon ses responsables, tenté de présenter leur démarche comme une opposition aux étrangers ou comme une posture discriminatoire. Une lecture que les organisateurs récusent fermement.
Au cœur de leurs préoccupations figure notamment la nécessité, selon eux, de réfléchir à une politique d’« immigration choisie ». Les jeunes leaders estiment que le Gabon doit être en mesure de mieux maîtriser les flux migratoires, en tenant compte de ses capacités économiques, sociales et institutionnelles.
Au-delà de la seule question migratoire, la conférence a également abordé le dossier des biens mal acquis.
Alain Gauthier Mvomo a notamment dénoncé ce qu’il considère comme une tentative de rattacher certaines procédures liées à ce dossier à la Ve République. Pour le collectif, ces affaires trouvent leur origine dans une période antérieure et doivent être replacées dans leur contexte historique.
Les intervenants ont également insisté sur la responsabilité de l’État dans la gestion de la politique migratoire. Ils souhaitent notamment comprendre les facteurs ayant favorisé l’augmentation de la présence étrangère au Gabon et proposent l’ouverture d’une réflexion plus large sur les mécanismes de régulation.
Tout en revendiquant le droit de défendre les intérêts nationaux, les responsables du collectif disent vouloir inscrire leur démarche dans un cadre « convivial et respectable ». Ils appellent ainsi à un débat dépassionné, fondé sur des arguments et des propositions.
La rencontre s’est achevée par une invitation à poursuivre les échanges lors de prochaines réunions. Pour ces jeunes leaders, l’enjeu est désormais de transformer les inquiétudes exprimées dans la rue en propositions concrètes sur l’immigration, la souveraineté et la protection des intérêts du Gabon.
Judex MANFOUMBI

