CESEC : terres ancestrales et accès aux soins au cœur des recommandations de la deuxième session ordinaire

Le Conseil économique, social, environnemental et culturel (CESEC) a officiellement clos les travaux de sa deuxième session ordinaire de l’année 2026. Plusieurs semaines durant, les Conseillers ont multiplié auditions, consultations, échanges et délibérations autour de deux problématiques majeures : la reconnaissance et la protection des terres ancestrales et sites sacrés, ainsi que l’accès aux soins et aux médicaments.

À la clôture des travaux, le président du CESEC a salué la mobilisation des différentes institutions, des partenaires sociaux, du secteur privé, de la société civile et des experts ayant contribué aux réflexions. Il a également rappelé la vocation consultative de l’institution : produire des analyses et recommandations susceptibles d’éclairer les décisions des pouvoirs publics.

Vers une reconnaissance du droit foncier coutumier

Le premier thème a mis en lumière une problématique particulièrement sensible : l’articulation entre le droit foncier moderne et les droits issus de la tradition. Les débats ont souligné la place centrale de la terre dans l’histoire, l’identité et l’organisation des communautés gabonaises.

Selon les éléments présentés au cours de la session, le CESEC estime nécessaire de dépasser l’opposition entre droit positif et droit coutumier. L’objectif affiché est de parvenir à une meilleure sécurisation juridique des terres détenues ou utilisées selon des pratiques traditionnelles.

Parmi les recommandations formulées figure ainsi l’intégration du droit foncier traditionnel dans le Code foncier, afin de mieux sécuriser les droits des communautés et des populations autochtones. Le Conseil préconise également la reconnaissance juridique des espaces patrimoniaux et des sites sacrés, ainsi que celle des territoires communautaires et des droits d’usage collectifs.

Cette réflexion intervient dans un contexte où les questions foncières demeurent au centre de nombreuses préoccupations sociales, notamment en matière de propriété, d’héritage, d’exploitation des ressources naturelles et de préservation du patrimoine culturel.

La santé, une « urgence sociale »

Le second thème consacré à « L’accès aux soins et au médicament : une urgence sociale » a permis de dresser un état des lieux des difficultés rencontrées par les populations.

Les échanges ont notamment porté sur la disponibilité des médicaments, leur coût, l’offre de soins, la couverture sanitaire, la répartition géographique des infrastructures et les conditions de fonctionnement des établissements sanitaires.

Le CESEC insiste également sur la nécessité de renforcer la production pharmaceutique nationale. Il recommande notamment une augmentation des crédits consacrés à la santé, en référence à l’engagement pris dans le cadre de la Déclaration d’Abuja, ainsi qu’une amélioration de l’exécution budgétaire du secteur.

Le Conseil propose par ailleurs de renforcer les synergies entre l’usine pharmaceutique de Nkok, l’Office pharmaceutique national et l’Agence du médicament afin de prévenir les ruptures de stocks. Il recommande également d’étudier l’entrée de l’État au capital de l’usine pharmaceutique de Nkok et de réduire le reste à charge des patients, particulièrement pour les populations vulnérables.

Des recommandations désormais attendues

Au terme de cette session, le CESEC entend ainsi faire de ses avis des outils d’aide à la décision publique. La prochaine échéance annoncée sera notamment l’examen de la Loi de finances initiale pour l’exercice 2027.

La clôture de cette session ne marque donc pas la fin de la mission de l’institution. Elle ouvre désormais la phase du suivi, avec l’espoir que les recommandations formulées trouvent des réponses concrètes auprès du Gouvernement et du Parlement.





Assistant Edu Gabon

Judex MANFOUMBI
Judex MANFOUMBI

Directeur de publication

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