Justice : le CESEC relaie les préoccupations du RENAJI et du REDHAC sur la détention du journaliste Médard Tounda Tounda

Le vice-président 2 du Conseil économique, social, environnemental et culturel (CESEC), Geoffroy Foumboula Libeka Makosso, a reçu en audience une délégation du Réseau national des journalistes indépendants (RENAJI), conduite par son président Aimé Serges, accompagnée de Marielle Ekome, Marie-Ange Yeno, Annie Ginette Mapangou ainsi que de Jeanne Clarisse Dilaba, présidente du Réseau des défenseurs des droits humains d’Afrique centrale (REDHAC).

Au cœur des échanges figurait la situation judiciaire du journaliste Médard Tounda Tounda, directeur de publication de Youbi Infos, placé en détention provisoire depuis le 23 avril 2026 à la prison centrale de Libreville.

Selon les représentants du RENAJI et du REDHAC, cette détention suscite de nombreuses interrogations. Ils rappellent que le journaliste avait auparavant bénéficié d’une liberté provisoire après son interpellation dans le cadre d’un différend l’opposant au ministre du Commerce, auprès duquel il avait exercé les fonctions de chargé de mission avant d’être relevé de ses responsabilités.

Au cours de cette rencontre, Geoffroy Foumboula Libeka Makosso a exprimé ses préoccupations quant au recours fréquent à la détention préventive dans le système judiciaire gabonais. Il a notamment évoqué la situation de la prison centrale de Libreville, initialement conçue pour accueillir environ 300 détenus, mais qui compterait aujourd’hui près de 4 000 à 5 000 pensionnaires, dont une majorité serait en détention provisoire sans jugement.

Pour le responsable du CESEC, cette réalité appelle une réflexion approfondie sur les pratiques judiciaires. Il a rappelé que la Constitution gabonaise consacre le principe selon lequel la liberté demeure la règle et la détention l’exception.

Dès lors, il s’est interrogé sur le recours quasi systématique à l’incarcération provisoire pour certaines affaires, estimant qu’une application plus large des mesures alternatives pourrait contribuer à désengorger les établissements pénitentiaires tout en garantissant les droits des justiciables.

L’audience a également été l’occasion d’aborder les responsabilités de la profession journalistique.

Geoffroy Foumboula Libeka Makosso a insisté sur la nécessité, pour les professionnels des médias, d’exercer leur métier dans le respect de l’éthique et de la déontologie. Tout en dénonçant certaines pratiques qu’il qualifie de « mercenariat de la plume », il a regretté que quelques organes de presse utilisent leurs plateformes pour des règlements de comptes personnels ou politiques, au détriment de l’information objective.

En conclusion, le vice-président 2 du CESEC a encouragé le RENAJI et le REDHAC à saisir les plus hautes autorités compétentes, notamment le Vice-présent du Gouvernement, le ministre de la Justice ainsi que le ministre chargé de la Réforme, afin d’attirer leur attention sur le dossier de Médard Tounda Tounda. Il a exprimé l’espoir qu’une issue conforme aux principes de l’État de droit permette au journaliste de retrouver la liberté, tout en réaffirmant que la consolidation d’une justice équitable et le respect des libertés fondamentales demeurent des piliers essentiels de la démocratie gabonaise.

Judex MANFOUMBI



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Judex MANFOUMBI
Judex MANFOUMBI

Directeur de publication

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