La création du Fonds de péréquation des collectivités locales (FPCL) suscite déjà des réactions dans les milieux de la société civile et de la démocratie participative au Gabon.
Parmi les premières voix à saluer cette réforme figure Geoffroy Foumboula Libeka Makosso, acteur civique et acteur de la démocratie participative, qui considère cette mesure comme l’une des annonces majeures du Conseil des ministres du 18 septembre 2026.
Réuni sous la présidence de Brice Clotaire Oligui Nguema, le Conseil des ministres a adopté le projet de décret portant approbation des statuts du FPCL. Selon le communiqué officiel, le Fonds est érigé en établissement public à caractère administratif, doté de la personnalité juridique.
Sa mission est notamment de fournir aux collectivités locales des ressources destinées à réduire les disparités territoriales et à financer leurs projets prioritaires. La dotation spéciale annuelle est fixée entre 5 % et 10 % des ressources propres du budget de l’État.
Pour Geoffroy Foumboula Libeka Makosso, cette décision constitue une étape déterminante dans la concrétisation de la décentralisation. Il estime que l’affectation progressive de 5 à 10 % des ressources propres de l’État pourrait permettre de renforcer considérablement les moyens financiers des collectivités locales.
« De tout le Conseil des ministres, cette mesure correspondant parfaitement aux orientations du Président de la République est, pour moi, l’une des plus révolutionnaires de notre histoire », soutient-il.
L’acteur civique voit dans ce mécanisme une possibilité de renforcer l’autonomie financière des communes et des conseils départementaux, tout en favorisant une territorialisation accrue de l’action publique. Il associe également cette réforme à la perspective de développer des emplois au niveau local et de renforcer les capacités administratives des collectivités.
Cette orientation s’inscrit dans une dynamique plus large engagée par les autorités gabonaises. Le gouvernement avait déjà annoncé le transfert progressif de compétences et de moyens vers les collectivités locales, tandis que le processus de décentralisation prévoit un accompagnement humain, technique et financier.
Foumboula Libeka Makosso établit également un lien entre la mise en place du FPCL et la perspective d’une véritable fonction publique locale. Selon lui, cette évolution pourrait favoriser l’émergence de nouveaux métiers adaptés aux besoins des territoires, avec notamment le développement de services municipaux spécialisés.
Dans son intervention, l’acteur civique adresse enfin ses félicitations aux autorités engagées dans cette réforme, particulièrement au ministre de l’Intérieur, de la Sécurité et de la Décentralisation, Adrien Nguema Mba. Il salue également les précédentes initiatives relatives à l’organisation et à la valorisation des chefferies de quartiers.
Pour lui, la mise en œuvre effective du Fonds de péréquation devra désormais se traduire concrètement sur le terrain, à travers des collectivités mieux dotées, des services publics de proximité renforcés et une gestion responsable des ressources transférées.
Le Président de la République avait d’ailleurs appelé les maires et présidents de conseils départementaux à une gestion rigoureuse, transparente et collégiale des dotations.
Judex MANFOUMBI

