LIBREVILLE — L’affaire impliquant le député indépendant Augustin Lobelle Yembi, soutenu par la plateforme La Majorité Bloquante lors des dernières élections législatives et locales, continue de susciter des réactions. Après la diffusion sur les réseaux sociaux d’un extrait vidéo présentant une altercation entre l’élu gabonais et un agent d’une compagnie aérienne à Kigali, Geoffroy Foumboula Libeka Makosso, coordonnateur de la Majorité Bloquante et acteur de la démocratie participative, a tenu à apporter une mise au point.
Dans sa déclaration, le responsable de la plateforme assume pleinement le soutien apporté à Augustin Lobelle Yembi lors du scrutin législatif. Il rappelle toutefois que cette proximité politique ne saurait empêcher la Majorité Bloquante de condamner un comportement qu’elle juge regrettable.
« En responsabilité », Geoffroy Foumboula Libeka Makosso dit avoir suivi l’extrait vidéo à l’origine de la polémique et estime que, dans l’attente des explications de l’intéressé, le geste observé ne peut être considéré comme conforme à l’exemplarité attendue d’un représentant du peuple.
De Conquête citoyenne à la Majorité Bloquante
Pour comprendre le lien entre la plateforme et le député, le coordonnateur revient sur l’histoire de ce regroupement politique. En 2023, à l’occasion des élections législatives et locales, avait été lancée Conquête citoyenne, une plateforme destinée à fédérer des candidatures indépendantes, qu’elles soient issues ou non du COPIL citoyen.
En 2025, cette dynamique s’est transformée en Majorité Bloquante, qui a accompagné plusieurs candidats indépendants séduits, selon Geoffroy Foumboula, par la vision et le programme parlementaire et social défendus par la plateforme.
Le responsable revendique notamment la présentation, lors des dernières échéances électorales, d’un programme « clair et chiffré », destiné à donner aux candidatures soutenues une cohérence politique et sociale.
Un soutien maintenu malgré la condamnation
Revenant sur le parcours d’Augustin Lobelle Yembi, Geoffroy Foumboula rappelle que celui-ci avait quitté le Parti démocratique gabonais (PDG) après avoir salué le changement politique intervenu au Gabon, choisissant ensuite de se présenter comme candidat indépendant dans le deuxième siège du département de la Lolo-Bouenguidi, dans la province de l’Ogooué-Lolo.
Au second tour, il avait remporté le scrutin face à Pacôme Moubelet Boubeya, ancien ministre et député.
Au-delà de son statut d’élu, le député est présenté par le coordonnateur comme un « frère », dont le calme, le respect et la tempérance auraient jusqu’ici caractérisé le comportement, notamment dans son parcours entre le Gabon et la diaspora. Juriste de formation, Augustin Lobelle Yembi bénéficie ainsi, selon son soutien politique, d’une réputation antérieure qui ne devrait pas être effacée par un incident dont toutes les circonstances ne sont pas encore connues.
« Un élu doit maîtriser ses émotions »
Pour autant, la Majorité Bloquante ne cherche pas à minimiser l’affaire. Geoffroy Foumboula insiste sur un principe : l’exercice d’un mandat électif impose une obligation supplémentaire de maîtrise de soi, particulièrement lorsqu’un représentant du peuple se trouve à l’étranger.
Il condamne donc « avec la dernière énergie » le geste visible dans la vidéo, tout en attendant la version complète des faits et les explications de l’intéressé.
Le coordonnateur salue par ailleurs la qualité des relations entre le Gabon et le Rwanda, estimant que celles-ci ont contribué à une gestion diplomatique de l’incident.
Contre le qualificatif de « barbare »
Geoffroy Foumboula Libeka Makosso réagit également aux propos du sénateur Georges Mpaga, qui aurait qualifié son collègue parlementaire de « barbare » sur plusieurs plateformes.
Tout en reconnaissant le caractère répréhensible du geste attribué au député, il estime que ce qualificatif est excessif et demande respectueusement à Georges Mpaga de le retirer.
Pour la Majorité Bloquante, la condamnation d’un acte ne signifie donc pas le reniement d’un soutien politique. Geoffroy Foumboula maintient son appui à Augustin Lobelle Yembi, tout en rappelant que les responsabilités publiques commandent en permanence « tempérance et maîtrise de soi ».
Une position qui se veut à la fois ferme sur le principe et prudente sur les circonstances de l’incident : condamner le geste, attendre les explications et préserver la dignité de l’homme comme celle de la fonction parlementaire.

