Essassa : le collectif des occupants de terrains interpelle l’État et dénonce une « crise foncière nationale »

Libreville a été le théâtre, ce samedi 11 juillet 2026, d’un point de presse du Collectif des occupants des terrains d’Essassa, derrière Berthé et Jean.

Face aux journalistes, les représentants des populations concernées ont exprimé leur profonde inquiétude devant ce qu’ils qualifient de « dérive de la gouvernance foncière » au Gabon, tout en lançant un appel solennel au président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema.

Dès l’ouverture de la rencontre, lespx membres du collectif ont invité l’assistance à observer une minute de silence en mémoire de Jérôme Désiré Itoka, présenté comme un jeune Gabonais décédé récemment dans un contexte lié à un conflit foncier.

Pour les organisateurs, ce drame illustre la gravité de la situation que vivent aujourd’hui de nombreuses familles.

Le collectif affirme avoir toujours privilégié le dialogue avec les autorités compétentes, notamment la Société nationale immobilière (SNI), en multipliant les correspondances, les demandes d’audience et les propositions de sortie de crise.

Selon ses responsables, leur combat ne vise ni à remettre en cause les institutions de la République ni les politiques publiques de développement, mais à défendre les droits de citoyens ayant acquis leurs terrains de bonne foi.

Les occupants rappellent qu’un recensement officiel avait été réalisé dans le cadre du projet de réaménagement d’Essassa et que les autorités avaient annoncé un mécanisme de régularisation permettant aux familles déjà installées d’acquérir leurs parcelles à des conditions préférentielles. Ils soutiennent avoir respecté toutes les démarches administratives demandées.

Cependant, le collectif déplore qu’en dépit de ces engagements, plusieurs parcelles soient aujourd’hui commercialisées au profit de nouveaux acquéreurs.

Les représentants des populations dénoncent également la destruction de plantations, de clôtures, de cultures et même de sépultures, sans qu’aucune solution préalable ou indemnisation satisfaisante ne leur soit proposée.

Au-delà du cas d’Essassa, les intervenants ont vivement critiqué la récente réforme du foncier adoptée par le Parlement.

Selon eux, certaines dispositions de cette nouvelle législation fragiliseraient davantage les droits des occupants de bonne foi et limiteraient les possibilités de contestation des titres fonciers obtenus dans des conditions litigieuses. Ils estiment que cette réforme risque d’encourager les conflits fonciers plutôt que de les résoudre.

S’adressant directement au chef de l’État, le collectif a demandé la suspension immédiate des ventes de parcelles faisant l’objet de litiges, la reprise du processus de régularisation initialement annoncé, la reconnaissance des investissements réalisés par les occupants historiques ainsi que l’ouverture d’un cadre permanent de concertation entre les autorités, la SNI et les représentants des populations.

Tout en réaffirmant son attachement à la paix sociale et au dialogue républicain, le collectif a également sollicité un audit national de la gestion foncière afin de restaurer la confiance entre les citoyens et les institutions.

Pour ses responsables, une gouvernance foncière transparente, équitable et respectueuse des droits de chacun constitue une condition indispensable au développement durable du Gabon.

Judex MANFOUMBI





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Assistant Edu Gabon

Judex MANFOUMBI
Judex MANFOUMBI

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