Le Syndicat national des travailleurs de la Caisse nationale de sécurité sociale (SYNATRA-CNSS) a tenu une Assemblée générale consacrée à plusieurs préoccupations majeures touchant directement les agents de l’institution. Quatre principaux points étaient inscrits à l’ordre du jour : la sensibilisation sur la fraude, le reliquat du 13e mois de l’année 2022, les licenciements de certains agents et la question des départs volontaires.
Sur le premier point, le syndicat a choisi de privilégier la sensibilisation de proximité. Pour le SYNATRA-CNSS, la prévention de la fraude ne saurait se limiter aux communications sur les réseaux sociaux. Le syndicat revendique ainsi une présence régulière sur le terrain, au contact des travailleurs.
Les agents ont notamment été appelés à ne pas accepter d’avantages indus, à ne pas manipuler les fonds des assurés et à exiger des prescriptions authentiques avant toute prise en charge. Le syndicat a également insisté sur la nécessité de vérifier les documents douteux avant leur traitement, de ne pas signer les fiches sociales sans avoir rencontré l’assuré principal ou le bénéficiaire grabataire, et de ne pas monnayer le suivi d’un dossier.
Autres points de vigilance évoqués : les déclarations de décès après paiement des prestations aux grabataires, les décaissements sans traçabilité ainsi que les absences prolongées et non justifiées. « L’argent de la CNSS ne nous appartient pas », a rappelé le syndicat, qui appelle les travailleurs à une responsabilité accrue dans l’exercice de leurs fonctions.
Le reliquat du 13e mois 2022 au cœur des revendications
L’Assemblée générale a également permis de revenir sur le dossier du reliquat du 13e mois de 2022. Selon le SYNATRA-CNSS, sous l’administration provisoire, le 13e mois aurait été intégralement versé aux agents d’exécution, tandis que des montants forfaitaires de 325 000 FCFA pour les cadres et 375 000 FCFA pour les agents de maîtrise auraient été attribués.
Le syndicat estime que l’article 44.4 de la convention collective prévoit plutôt le versement du 13e mois à chaque travailleur au plus tard au mois de décembre, sans retenir de montant forfaitaire. Il rappelle également que le procès-verbal des réunions des 5 et 6 juin 2023 n’aurait pas, selon lui, consacré la position défendue par la majorité des travailleurs.
Saisie de cette réclamation, la direction aurait indiqué qu’une étude devait être menée par le Comité des ressources humaines. Le SYNATRA-CNSS précise toutefois qu’en cas de paiement d’un éventuel reliquat, celui-ci relèverait de l’employeur et non du syndicat, ce dernier n’étant que le porte-voix de la revendication des travailleurs.
Licenciements : vigilance et respect des procédures
Concernant les licenciements, le syndicat appelle les agents à davantage de prudence, notamment dans la gestion des paiements aux grabataires et des dossiers sensibles. Le SYNATRA-CNSS affirme ne pas défendre les actes frauduleux, mais demande à l’employeur d’appliquer les sanctions de manière juste et conforme aux dispositions conventionnelles.
Le syndicat rappelle notamment les différentes mesures disciplinaires prévues par l’article A.36 : avertissement écrit, blâme écrit, mise à pied de 3, 5 ou 8 jours, puis licenciement. Il indique par ailleurs que certains agents auraient pu commettre des erreurs par naïveté lors de certaines opérations et appelle, dans ces cas, à examiner les situations individuellement.
Départs volontaires : une démarche personnelle
Enfin, l’Assemblée générale a abordé le plan de départ volontaire. Le dossier est actuellement suivi par un comité placé auprès de la Direction du Capital humain, comprenant notamment des conseillers de la Direction générale, un chargé d’études spécialisé dans les questions RH, la DCH et son équipe ainsi que la Direction juridique.
Le SYNATRA-CNSS invite les agents intéressés à se rapprocher de la DCH afin de connaître les critères et modalités prévus dans la note publiée le 14 septembre 2026.
Le syndicat rappelle surtout que le départ volontaire demeure une décision personnelle. Il suppose un accord entre le salarié et l’employeur, formalisé par la signature d’un accord transactionnel. À travers cette Assemblée générale, le SYNATRA-CNSS entend ainsi maintenir le dialogue direct avec les travailleurs et faire remonter leurs préoccupations auprès de la direction.
Judex MANFOUMBI

