LA MARQUE OLIGUI : L’AUTORITÉ QUI ASSUME SA FERMETÉ

Une phrase prononcée par le Président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, lors d’un échange avec un entrepreneur suscite aujourd’hui de nombreux commentaires :

« Tu veux que je te tape la bouteille à la tête ? »

Certains y voient une parole excessive. Pour ma part, je choisis d’en rechercher le sens dans son contexte.

Je ne comprends pas cette expression comme la volonté réelle de porter atteinte à cet entrepreneur. Je l’entends plutôt comme une formule de fermeté, volontairement percutante, destinée à exercer une pression et à provoquer une réaction immédiate.

Et cette façon de parler me rappelle une scène de mon enfance.

Mon père m’avait demandé de laver les assiettes avant de partir travailler. J’ai commencé, puis je suis allé jouer aux billes. À son retour, les assiettes étaient toujours dans l’évier alors que nous attendions des invités. Il m’a sévèrement puni.

Avec les années, je ne retiens pas seulement la punition. Je retiens surtout ceci : mon père connaissait ses enfants et savait comment nous rappeler à nos responsabilités.

C’est ce parallèle qui me vient naturellement à l’esprit lorsque j’entends cette phrase du Président.

Je ne crois pas qu’il faille prendre « taper la bouteille » au premier degré. Dans le langage populaire, certaines expressions sont volontairement fortes pour faire comprendre que la patience a atteint ses limites et qu’il est désormais temps d’agir.

Et le plus intéressant, à mes yeux, est ce qui vient immédiatement après :

« À quand la livraison du chantier de Rio ? »

Voilà le véritable message.

La bouteille n’est pas le sujet.

Le respect de l’engagement est le sujet.

La formule est forte, mais la finalité est précise : obtenir une réponse, une échéance et, surtout, un résultat.

C’est là que je vois une caractéristique particulière du Président Oligui Nguema : une autorité qui ne cherche pas toujours à s’exprimer dans le langage feutré des salons, mais qui sait aussi adopter un langage direct lorsqu’il estime qu’une situation exige de la fermeté.

Et cette proximité avec le langage ordinaire n’enlève pas nécessairement de la hauteur à la fonction présidentielle.

Elle peut, au contraire, rendre le message immédiatement compréhensible.

Un Président peut parfois parler au technocrate avec le langage de l’administration, au diplomate avec celui de la diplomatie et, dans certaines circonstances, à l’entrepreneur avec le langage direct de la responsabilité et du résultat.

C’est peut-être aussi cela, la proximité avec son peuple : savoir se faire comprendre sans toujours se réfugier derrière des formules institutionnelles.

L’AUTORITÉ, CE N’EST PAS SEULEMENT LA DOUCEUR

Nous vivons dans une époque où la moindre parole forte peut rapidement devenir une polémique.

Mais gouverner, c’est aussi prendre des décisions, fixer des exigences et demander des comptes.

L’autorité ne se mesure pas uniquement à la douceur du ton. Elle se mesure aussi à la capacité de faire respecter les responsabilités.

Un responsable à qui l’on confie une mission doit pouvoir être interrogé sur son exécution.

Un entrepreneur engagé sur un ouvrage doit pouvoir être questionné sur ses délais.

Et un Chef de l’État doit pouvoir rappeler que les engagements pris au nom de l’État ne sont pas de simples promesses.

C’est dans cette perspective que je perçois la scène de pleinOrety.

Je n’y vois pas un Président cherchant à humilier un entrepreneur.

J’y vois plutôt un Chef de l’État qui veut obtenir une réponse claire à une question simple : quand le peuple pourra-t-il enfin bénéficier de ce qui lui a été promis ?

LA « MARQUE OLIGUI »

C’est précisément pour cela que je parle de la marque Oligui.

Une manière plus directe d’exercer l’autorité.

Une parole parfois populaire, parfois incisive, mais toujours orientée vers une exigence : le résultat.

Il ne s’agit pas pour moi de dire que tout doit être approuvé ou que toute expression forte doit devenir une règle de gouvernance.

Il s’agit de reconnaître qu’un Chef d’État peut avoir son propre style, sa propre personnalité et sa propre manière de faire passer un message.

Et le style Oligui semble avoir cette particularité : faire comprendre que les responsabilités ne sont pas des titres, mais des obligations.

Au fond, je retiens surtout quatre mots :

Autorité.

Responsabilité.

Pression.

Résultat.

Et peut-être que derrière cette fameuse bouteille se cachait simplement un message beaucoup plus sérieux :

« Je ne suis pas venu entendre des excuses. Je veux savoir quand vous allez terminer. »

C’est cette lecture que je fais de cette séquence.

Une lecture personnelle, certes, mais fondée sur une conviction : un pays ne progresse pas seulement grâce aux décisions prises au sommet ; il progresse lorsque ceux qui reçoivent une mission comprennent qu’ils doivent rendre compte de ce qu’ils en font.

Et lorsqu’un Chef de l’État rappelle cette exigence avec ses propres mots, son propre tempérament et son propre style, cela peut naturellement susciter des débats.

Mais c’est précisément cette personnalité, cette franchise et cette capacité à parler sans détour qui, pour moi, participent à ce que j’appelle la marque Oligui.

Une autorité qui veut être comprise, une fermeté qui veut produire des résultats et une parole qui assume sa proximité avec le peuple.

J.c MWANE BOULINGUI BU MOMBU





Assistant Edu Gabon

Judex MANFOUMBI
Judex MANFOUMBI

Directeur de publication

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *