Lancé avec l’ambition de rapprocher les startups gabonaises des grandes entreprises, KIMBA Connect suscite aujourd’hui un débat au sein de l’écosystème numérique national. Si la vision portée par le ministre de l’Économie numérique, Mark-Alexandre Doumba, continue de faire l’objet d’un large soutien, de nombreux entrepreneurs estiment que la mise en œuvre opérationnelle du programme mérite d’être revue afin de garantir davantage d’efficacité, de transparence et d’équité.
Selon une cinquantaine de startups et d’acteurs du numérique, les préoccupations exprimées ces dernières semaines ne remettent nullement en cause la pertinence de cette initiative, officiellement lancée le 14 juillet dernier à Libreville. Bien au contraire, elles traduisent la volonté des entreprises innovantes de contribuer au succès durable d’un dispositif destiné à stimuler la commande privée en faveur des solutions numériques locales.
Conçu dans le cadre de l’Axe 4 du plan d’action ministériel, KIMBA Connect vise à permettre aux entreprises de publier leurs besoins en transformation digitale, tandis que les startups proposent des solutions adaptées. Une approche saluée comme un levier important pour renforcer les liens entre innovation locale et secteur privé.
Cependant, plusieurs participants estiment que les premières étapes du programme ont été conduites dans des délais particulièrement serrés. Parmi les difficultés évoquées figurent une réunion d’information organisée seulement deux jours avant la clôture des candidatures, la communication tardive des horaires de passage devant le jury, ainsi que des cahiers des charges jugés insuffisamment détaillés.
Selon plusieurs entrepreneurs, l’absence de précisions techniques sur certains projets a compliqué la préparation d’offres adaptées aux attentes des donneurs d’ordre.
Les journées de présentation organisées à la fin du mois de juillet ont également alimenté les interrogations. Des startups rapportent que les durées de présentation ont varié sensiblement selon les salles, allant de cinq à vingt minutes, sans qu’un cadre commun n’ait été communiqué au préalable. Certains participants indiquent également que plusieurs membres des jurys ne semblaient pas avoir pris connaissance des dossiers techniques transmis en amont. Une situation qui, selon eux, a parfois donné à l’exercice des allures de hackathon plutôt que d’une véritable séance de mise en relation commerciale.
La décision d’organiser une session supplémentaire de présélection, destinée notamment aux candidats absents lors du premier passage, a renforcé les inquiétudes.
Les startups ayant respecté le calendrier initial estiment qu’une telle mesure risque de créer une rupture d’équité, les nouveaux candidats bénéficiant d’un délai de préparation plus long pour améliorer leurs propositions. Plusieurs structures ont ainsi fait connaître collectivement leur désaccord auprès des organisateurs.
Pour les représentants de l’écosystème numérique, cette situation met surtout en lumière la nécessité d’un dialogue plus approfondi entre l’équipe opérationnelle de KIMBA Connect et les acteurs du secteur. Ils plaident notamment pour des cahiers des charges plus complets, des critères d’évaluation harmonisés, des jurys mieux préparés et une communication plus anticipée afin de tenir compte des réalités des entreprises.
À quelques jours de la finale de cette première édition, les startups réaffirment néanmoins leur volonté de poursuivre leur collaboration avec le ministère de l’Économie numérique.
Toutes espèrent que les ajustements proposés permettront à KIMBA Connect de devenir, au-delà de son ambition initiale, une plateforme crédible de mise en relation commerciale et un véritable moteur du développement de l’économie numérique gabonaise.
Rédaction
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