Au Gabon, l’entrepreneuriat traverse une période particulièrement critique. Longtemps présenté comme un levier essentiel de croissance économique, de création d’emplois et d’innovation, le secteur privé national peine aujourd’hui à survivre dans un environnement jugé de plus en plus défavorable aux petites et moyennes entreprises. Dans un libre propos engagé, le citoyen et entrepreneur Dieudonné ONDZA tire la sonnette d’alarme sur les difficultés auxquelles font face les PME et PMI gabonaises, notamment dans les secteurs stratégiques du BTP et du placement de personnel.
Selon lui, depuis l’instauration de la Ve République, l’attribution des marchés publics tend progressivement vers le gré-à-gré. Un système qui, bien qu’encadré légalement, réduit fortement les possibilités de concurrence et limite l’accès des petites structures aux grands contrats publics. Dans cette configuration, les grandes entreprises déjà bien implantées sur le marché, telles que Mika Service, Ebomaf ou encore Consentium, semblent bénéficier d’une position privilégiée au détriment des entrepreneurs locaux émergents.
Pour les PME et PMI gabonaises, l’accès aux marchés publics devient ainsi un véritable parcours du combattant. Même lorsqu’elles obtiennent des contrats en sous-traitance, les conditions financières restent souvent désavantageuses. Les marges sont faibles, les paiements tardifs et les charges lourdes à supporter. Une situation qui fragilise dangereusement leur trésorerie et menace leur survie à court terme.
Dieudonné ONDZA souligne également les risques encourus par les entreprises contraintes de préfinancer des projets publics sans garantie réelle de remboursement dans des délais raisonnables. Nombre d’entrepreneurs se retrouvent ainsi confrontés à des dettes importantes ou orientés vers des mécanismes administratifs complexes comme la task-force, alimentant un cercle vicieux qui affaiblit durablement le tissu entrepreneurial national.
À l’approche des 100 jours du gouvernement, cette question apparaît plus que jamais comme une urgence économique et sociale. Pour le diplômé en sciences politiques, l’État gabonais doit impérativement passer des discours aux actes afin de soutenir concrètement les jeunes entreprises et les PME/PMI qui constituent la base de l’économie nationale.
Parmi les solutions évoquées figure la nouvelle politique nationale de l’entrepreneuriat récemment annoncée par les autorités. Celle-ci prévoit notamment la création d’un fonds de soutien aux PME pour sécuriser les financements et les préfinancements liés aux marchés publics. Le projet entend également instaurer des mécanismes de garantie de paiement afin de protéger les entreprises contre les retards chroniques de règlement.
L’accent est aussi mis sur l’innovation, le numérique et l’accompagnement administratif et juridique des entrepreneurs afin de simplifier les procédures et réduire les coûts d’accès aux marchés publics. Pour Dieudonné ONDZA, ces réformes pourraient constituer une véritable bouffée d’oxygène pour les entrepreneurs gabonais, à condition qu’elles soient effectivement appliquées sur le terrain.
« L’entrepreneuriat au Gabon est aujourd’hui à un carrefour », affirme-t-il. « Continuer sur la voie actuelle, c’est condamner de nombreuses entreprises à l’échec. Mettre en œuvre une politique proactive et équitable, c’est permettre aux Gabonais de transformer leurs idées en réussites durables. »
Un appel fort lancé par un citoyen engagé qui conclut avec conviction : « Le futur, c’est moi. »
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