La tension monte à Essassa, dans la zone située derrière Berthe et Jean, où les populations riveraines dénoncent avec vigueur les méthodes employées dans le cadre d’un projet foncier qu’elles jugent désormais éloigné de la vision sociale prônée par le Président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema.
Réunis en assemblée générale le samedi 16 mai dernier, les habitants de cette localité de la commune de Ntoum ont exprimé leur profonde inquiétude face à ce qu’ils qualifient de « dérives graves » dans la conduite des opérations menées sur le terrain. Devant une foule particulièrement mobilisée, les représentants des familles concernées ont lancé un appel solennel au Chef de l’État afin qu’il prenne personnellement en main ce dossier devenu explosif.
Selon plusieurs témoignages recueillis lors de cette rencontre citoyenne, les populations disent vivre dans un climat permanent d’angoisse et d’incertitude. Certaines familles affirment occuper ces terres depuis les années 1970, tandis que d’autres assurent avoir contracté d’importants crédits bancaires afin d’y construire leurs habitations.
Aujourd’hui, elles craignent de tout perdre à la suite des opérations de déguerpissement engagées dans la zone.
Au centre des critiques figurent le ministre de l’Urbanisme, du Logement et du Cadastre, Mays Mouissi, ainsi que la Direction générale de la Société Nationale Immobilière.
Les habitants dénoncent des destructions de biens privés, une absence de concertation avec les occupants des terrains et des méthodes jugées brutales dans l’exécution du projet.
Pour les populations, la philosophie sociale défendue par le Président de la République serait aujourd’hui détournée au profit d’intérêts administratifs et commerciaux qui ne tiennent pas compte de la réalité humaine sur le terrain.
« Nous demandons au Président de regarder lui-même ce qui se passe ici », a déclaré un habitant lors de l’assemblée générale.
« Ce projet ne devait pas détruire des familles ni semer la peur parmi les Gabonais », a-t-il poursuivi sous les applaudissements de la foule.
Certains riverains soutiennent également que la zone concernée présenterait une vocation bien définie.
D’après eux, la partie gauche serait classée comme zone agricole, tandis que la partie droite serait réservée au développement de la zone économique de Nkok. Une situation qui alimente davantage les interrogations des habitants sur les véritables motivations des opérations actuellement menées.
Face à cette situation, les populations appellent le Chef de l’État à diligenter une enquête approfondie sur les méthodes employées par la Société Nationale Immobilière sur le terrain. Elles demandent également la suspension des opérations contestées, le temps qu’un dialogue franc soit engagé avec les familles concernées.
Les habitants disent rester attachés à la vision de développement portée par le Président Brice Clotaire Oligui Nguema, saluant les nombreuses réalisations engagées depuis son accession à la magistrature suprême.
Toutefois, ils supplient le « père de la Nation » d’intervenir rapidement afin d’éviter que ce projet foncier ne se transforme en crise sociale majeure dans cette partie du Grand Libreville.
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