Réunis en assemblée générale jeudi à Essassa, les membres du collectif des occupants des terrains impactés par les opérations d’aménagement ont exprimé leurs profondes préoccupations face aux démolitions et aux expropriations en cours.
La rencontre s’est tenue en présence du gouverneur de la province de l’Estuaire ainsi que du Directeur général de la Société Nationale Immobilière (SNI), dans un climat marqué par de nombreuses interrogations des populations.
Prenant la parole au nom du collectif, son président, Simplice Ibouanga, a réaffirmé son soutien au vaste programme de modernisation engagé par le président de la République, tout en dénonçant les conditions dans lesquelles certaines opérations sont menées sur le terrain.
« Je l’ai toujours dit : c’est un merveilleux projet du Chef de l’État. Mais, dans ce pays, nous avons un problème avec la vérité. Entre ce qui a été annoncé et la réalité des actes posés par l’ANUTTC et le ministère de l’Habitat, il existe un véritable fossé », a-t-il déclaré devant les autorités administratives et les populations.
Le président du collectif a insisté sur le respect des règles en matière foncière. Selon lui, aucune démolition ne devrait intervenir sans décision préalable de justice, même lorsqu’un terrain fait l’objet d’une procédure administrative. Il affirme qu’à ce jour, aucune décision de tribunal n’autoriserait la destruction des biens appartenant aux habitants concernés.
Tout en reconnaissant l’importance du projet routier prévu dans la zone, Simplice Ibouanga estime que les études préalables n’ont pas été suffisamment rigoureuses. Il regrette également que de nombreuses familles affectées ne figurent pas sur les listes officielles des personnes indemnisables.
« On nous parlait de 17 personnes concernées, alors qu’aujourd’hui plus d’une centaine de citoyens se présentent pour déposer leurs réclamations auprès des autorités », a-t-il souligné, évoquant une situation devenue particulièrement préoccupante pour les populations.
Le collectif dénonce également les conséquences sociales des travaux. Selon ses responsables, plusieurs habitations ont été détruites, des plantations entièrement rasées et même des sépultures auraient été touchées par les opérations. Certains propriétaires affirment ne plus reconnaître les limites de leurs parcelles en raison de l’ampleur des destructions.
Face à cette situation, Simplice Ibouanga a invité les médias à se rendre sur les lieux afin de constater eux-mêmes les réalités du terrain. Il affirme que les engagements pris lors des consultations publiques n’auraient pas été respectés et que les opérations actuelles diffèrent sensiblement du projet présenté aux populations.
Le président du collectif a enfin lancé un appel aux autorités afin qu’elles examinent chaque dossier individuellement avant toute nouvelle démolition. Selon lui, plusieurs propriétaires disposant de titres fonciers réguliers auraient perdu des biens d’une valeur considérable, notamment de vastes plantations de bananiers et d’arbres fruitiers représentant des investissements de plusieurs centaines de millions de francs CFA.
En attendant les conclusions des échanges engagés avec les autorités provinciales et la SNI, les populations d’Essassa espèrent qu’un dialogue permettra de concilier les impératifs de développement des infrastructures avec le respect des droits fonciers et la juste indemnisation des personnes impactées.
Affaire à suivre…
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