Depuis le décès brutal d’Alexandre Nguema Bibang, enseignant au service de la République depuis 33 ans, l’émotion ne retombe pas. Elle enfle, au contraire, dans les salles de classe, dans les foyers, sur les réseaux sociaux et au sein d’une communauté éducative déjà fragilisée. Mais face à cette onde de choc, un silence glaçant persiste du côté du ministère de l’Éducation nationale et du gouvernement : aucun communiqué, aucune visite, aucun mot adressé à la veuve, aucun soutien aux enfants. Pas même une reconnaissance formelle pour cet homme tombé dans l’exercice de ses fonctions.
Cinq jours se sont écoulés. Cinq jours de silence institutionnel qui pèsent lourd. Dans tout État respectueux de ses serviteurs, la mort d’un enseignant en plein cours appelle une réaction républicaine : un message de condoléances, une présence symbolique, une parole publique. Or, ici, rien. Le ministère de l’Éducation nationale, pourtant première autorité concernée, demeure immobile. Son patron par intérim, Simplice Désiré Mamboula, n’a livré ni déclaration, ni déplacement, ni geste de compassion.
Cette absence interroge. Un enseignant gabonais qui meurt sur son lieu de travail mérite-t-il encore une considération de l’État ? La réaction aurait-elle été la même s’il s’était agi d’un homme en tenue ? L’opinion publique, faute de réponses officielles, en tire déjà des conclusions sévères : l’indifférence devient politique, et le mutisme se transforme en message. Un message dur, presque brutal : la mort d’un éducateur ne pèserait pas dans l’ordre des priorités gouvernementales.
Pendant que la famille pleure et que les collègues accusent le choc, le Conseil des ministres, réuni jeudi dernier, a poursuivi son agenda administratif : décrets, statistiques, projets. Aucune allusion à cet homme qui, durant plus de trois décennies, a formé des générations de citoyens. Une dissonance cruelle entre une tragédie humaine et une machine étatique qui continue d’avancer, imperméable aux drames qui la touchent pourtant au cœur.
Ce drame révèle un malaise plus profond. Il met en lumière la solitude des enseignants, souvent livrés à eux-mêmes, sous-payés, surchargés, mal protégés, et désormais même pas honorés lorsqu’ils tombent au front du savoir. Alexandre Nguema Bibang est mort face à ses élèves, accomplissant sa mission républicaine. Pourtant, l’État demeure silencieux.
Pourquoi ce mutisme ? Crainte d’assumer une part de responsabilité ? Peur d’ouvrir le débat sur les conditions de travail ? Ou simple déconnexion entre gouvernés et gouvernants ?
La colère monte dans les établissements, les syndicats et les familles. Ce qui est demandé n’a rien d’exorbitant : un minimum républicain, de la reconnaissance, de l’empathie, de la dignité.
Plus le silence perdure, plus il prend la forme d’un mépris perçu. Et dans un pays meurtri mais lucide, ce silence n’efface rien. Il accuse.
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