Depuis trois jours, les habitants de Moanda, Mounana, Lastoursville, Koula-Moutou, Pana, Bakoumba et même les installations de la COMILOG sont plongés dans le noir total. En cause : un grave incident électrique survenu sur le transformateur 63/30 KV de la SEEG (Société d’Énergie et d’Eau du Gabon) à Moanda. Une panne majeure qui paralyse toute la chaîne d’alimentation du réseau dans cette partie stratégique du Haut-Ogooué.
Selon les premiers éléments recueillis auprès de la SEEG, le transformateur principal aurait subi un « coup technique » d’une ampleur telle que le retour à la normale ne peut, pour l’heure, être défini avec précision. En d’autres termes, les populations devront encore patienter, sans garantie d’un rétablissement rapide de l’électricité.
Dans les foyers, l’impuissance et la frustration sont à leur comble. « Nous n’avons plus de courant depuis trois jours, nos vivres se gâtent, les enfants ne peuvent plus réviser le soir et les commerces tournent au ralenti », témoigne une habitante de Mounana, excédée. Pour ceux qui possèdent des congélateurs, le constat est amer : sans électricité, les denrées périssables sont perdues, et les pertes économiques se chiffrent déjà en millions de francs CFA.
Les entreprises locales, les stations-service et les structures sanitaires sont également lourdement impactées. À la COMILOG, pilier économique de la région, la situation est suivie de très près, car tout arrêt prolongé de la production pourrait avoir des répercussions sur la chaîne logistique nationale.
Ce nouvel incident relance une fois de plus le débat sur la dépendance énergétique du pays et la nécessité d’ouvrir le secteur à la concurrence. Pour de nombreux Gabonais, il est temps que l’État mette fin au monopole de la SEEG. « Pour un petit pays comme le nôtre, il est impensable qu’un seul opérateur gère toute l’électricité », s’indigne un jeune de Koula-Moutou. « Il faut des concurrents, comme dans le secteur de la téléphonie, pour garantir un service fiable et de qualité. »
En attendant, les populations s’organisent tant bien que mal, entre générateurs et bougies, priant pour un retour rapide du courant. Un énième rappel que, sans réforme structurelle, les coupures d’électricité resteront le quotidien d’un Gabon en quête d’énergie et de lumière.
Judex MANFOUMBI

