Libreville, 30 septembre 2025 –
L’Autorité de Contrôle des Élections et du Référendum (ACER) a rendu un rapport accablant sur le déroulement des scrutins législatifs et locaux de 2025. Face aux multiples irrégularités constatées dans plusieurs provinces, elle recommande au ministre de l’Intérieur, président de la Commission nationale d’organisation et de coordination des élections et du référendum (ACER), d’annuler purement et simplement le vote dans un nombre important de circonscriptions.
Les dysfonctionnements relevés sont d’une gravité telle qu’ils remettent en cause la crédibilité du processus électoral. L’ACER cite notamment l’absence de bulletins de vote de certains candidats, l’absence ou la non-conformité des isoloirs, le manque de listes d’émargement et la confusion autour des urnes destinées respectivement aux législatives et aux locales. À cela s’ajoutent des démarrages tardifs dans plusieurs bureaux, des comportements inciviques de candidats et de leurs partisans, ainsi que des obstructions systématiques aux représentants de l’Autorité de contrôle.
Plus inquiétant encore, des violences ont été enregistrées : destruction de matériel électoral, intrusion de candidats dans des bureaux de vote, et remplacement de scrutateurs formés par des personnes non qualifiées. L’ACER dénonce aussi la délivrance abusive de procurations en violation flagrante du code électoral, ouvrant la porte à des fraudes massives.
« Ces dysfonctionnements feront l’objet d’une analyse approfondie afin d’améliorer l’organisation des prochaines échéances, notamment le second tour des législatives », a précisé l’institution. Elle rappelle également que le code électoral prévoit des voies de recours : auprès de la Cour constitutionnelle pour les législatives et auprès de la Cour administrative pour les locales.
Mais l’ACER va plus loin en brandissant la menace de sanctions. Les commissaires électoraux ayant délivré des procurations frauduleuses, tout comme les candidats, électeurs et tiers ayant fait usage de ces documents illégaux, s’exposent à des peines allant de 500 000 à 5 millions de francs CFA d’amende, et à des peines d’emprisonnement pouvant atteindre cinq ans. Les auteurs de destructions et de violences seront également poursuivis.
Cette sortie de l’Autorité de contrôle jette une lumière crue sur les carences du scrutin et place désormais le ministre de l’Intérieur devant ses responsabilités. Entre annulation partielle et poursuites judiciaires, le pays s’attend à des décisions fortes pour restaurer la confiance des citoyens dans le processus électoral.
Judex MANFOUMBI
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