Libreville, Gabon – La publication des résultats de recrutement au sein des Forces de Défense et de Sécurité (FDS) du Gabon a plongé le pays dans une nouvelle vague de contestation, soulignant les défis persistants de la transparence et de l’équité dans les processus de sélection nationaux.

Alors que le Ministère de la Défense Nationale, par la voix du Général de Brigade Paul Tsamba Moubeyi, s’est efforcé de rassurer et d’appeler au calme, la situation sur le terrain révèle un fossé grandissant entre les discours officiels et la perception de la jeunesse.
Depuis près de deux semaines, un groupe de candidats recalés a établi un sit-in devant l’Assemblée Nationale, défiant le froid et l’insécurité nocturne. Leur revendication est claire : dénoncer une fraude présumée dans les délibérations et exiger une vérification transparente des résultats, qu’ils estiment « biaisés » et « sélectifs ». Cette mobilisation rappelle étrangement les épisodes de contestation passés, notamment celle du concours de l’École Nationale d’Administration (ENA), où des candidats avaient également investi le Boulevard Triomphal pour clamer leur droit à la justice et à la transparence.
Face à cette fronde, le Ministère de la Défense Nationale a communiqué via la télévision nationale, cherchant à apaiser les tensions. Le Général Tsamba Moubeyi a salué l’intérêt des jeunes pour des procédures justes et transparentes, tout en reconnaissant des « préoccupations soulevées » méritant une « attention particulière » : les « doublons », les « quotas par départements et par provinces », ainsi que le « caractère restrictif des listes des admissibles ». Il a également mis en avant les contraintes budgétaires, les capacités d’accueil limitées, et la durée de formation comme des facteurs influençant les décisions.
Cependant, les mots clés du communiqué, tels que « Gabon nouveau », « transparence », « justice » et « respect des droits fondamentaux », résonnent d’une manière particulière à la lumière des événements récents. Le recrutement, lancé en décembre 2024 sous les « très hautes instructions » du Président de la Transition, Brice Clotaire Oligui Nguema, visait à impliquer la jeunesse de toutes les provinces dans la défense et la sécurité du pays.
Pourtant, la persistance des manifestations suggère que cette vision ne s’est pas encore traduite en une réalité perçue comme équitable par tous.
L’incident survenu dans la nuit du samedi 12 juillet 2025, où les jeunes manifestants ont été « déguerpis » de leur site de sitting par des éléments des forces de défense (DSP-GR) peu après leur passage à l’émission radiophonique « Et si on en parlait », soulève des questions cruciales.
Pourquoi une telle action militaire, de surcroît nocturne, contre des citoyens exprimant pacifiquement leur mécontentement ? Cette intervention, alors même que le ministère appelait au calme et à la patience, semble en contradiction avec l’esprit d’écoute et de dialogue constructif prôné par les autorités. Si les FDS sont garantes de la discipline et du respect des droits, cette action nuitamment interroge sur la proportionnalité et la pertinence de la réponse étatique face à une contestation civile.
Le « Gabon nouveau », souvent associé à l’espoir de transparence et de justice depuis le 30 août, semble ainsi confronté à une réalité où les anciennes pratiques peinent à disparaître. La question demeure : pourquoi, alors que les dénonciations de fraudes aux concours se faisaient autrefois au vu et au su de tous sans autant d’agitation, la situation actuelle dégénère-t-elle en confrontations ? Peut-être est-ce précisément parce que la « 5e République » a suscité un tel espoir que la déception est d’autant plus vive lorsque les attentes de changement et de probité ne sont pas pleinement satisfaites.
La situation actuelle met en lumière la nécessité d’une restructuration non seulement structurelle, mais aussi mentale, pour le Gabon. La communication officielle, malgré ses intentions louables, doit être étayée par des actes concrets et perçus comme tels par la population.
La discipline des FDS doit s’accompagner d’un respect inconditionnel des droits civiques, même en cas de mécontentement.
Alors que le Ministère de la Défense Nationale exhorte les candidats au calme et à la patience, l’épisode du déguerpissement nocturne soulève une question troublante : Aurais-je toujours eu tort d’avoir raison trop tôt ? C’est peut-être la question que se posent aujourd’hui ces jeunes gabonais, confrontés à la dure réalité d’une transition qui, pour eux, n’a pas encore tenu toutes ses promesses de transparence et de justice.


Je suis arrivé jusqu’aux épreuves sportives et j’ai vraiment donné le meilleur de moi d’après les moniteur autrement dit encadreurs j’ai une énergie débordante jusqu’à réaliser un sans faute à toutes mes épreuves hélas lors de la publication des résultats je retrouve pas mon nom. Vous n’imaginez pas à quel point j’ai été meurtri de cela.
Pourquoi Mr le président ne réagit pas ?