Libreville, 28 juillet 2026 – Le paysage des transports publics gabonais vient de franchir une étape majeure avec la création officielle de la Compagnie Nationale de Transports (CNT). Née de la fusion entre la Société gabonaise de transport (SOGATRA) et Trans’urb, cette nouvelle entreprise publique ambitionne de devenir le principal opérateur national du transport de voyageurs et de marchandises, tout en répondant aux exigences de modernisation fixées par les autorités.
Le traité de fusion a été signé le vendredi 24 juillet 2026 à Libreville par les directeurs généraux de la SOGATRA et de Trans’urb, en présence du ministre d’État, ministre des Transports, de la Marine marchande et de la Logistique.
Cette signature consacre l’aboutissement d’un processus de restructuration engagé par le gouvernement afin de renforcer l’efficacité du secteur des transports.
Sur le plan juridique, cette réforme repose sur une fusion-absorption simplifiée. Dans un premier temps, la SOGATRA est absorbée par Trans’urb, qui adopte ensuite une nouvelle identité sous l’appellation de Compagnie Nationale de Transports (CNT).
Cette transformation ne se limite pas à un simple changement de nom. Elle s’accompagne d’un élargissement significatif de l’objet social de la nouvelle société.
Au-delà du transport urbain et interurbain des passagers, la CNT exercera désormais dans plusieurs domaines stratégiques. Ses activités couvriront notamment le transport d’hydrocarbures, le transport de marchandises, les prestations de transport VIP ainsi que d’autres services logistiques.
Cette diversification traduit la volonté des pouvoirs publics de bâtir un opérateur national capable de répondre aux multiples besoins de mobilité et de logistique du pays.
Cette réforme s’inscrit dans la politique de modernisation engagée par le gouvernement pour améliorer la qualité des services publics, rationaliser les ressources et renforcer la gouvernance des entreprises d’État.
Les autorités espèrent ainsi créer une société économiquement viable, dotée d’une meilleure capacité d’investissement et en mesure d’assurer un maillage plus efficace du territoire national.
Pour les usagers, la création de la CNT suscite de nombreux espoirs. Depuis plusieurs années, le transport public est confronté à diverses difficultés, notamment l’insuffisance du parc automobile, les retards récurrents, la faible couverture de certaines zones et des conditions de transport parfois jugées insatisfaisantes.
La réussite de cette nouvelle entreprise dépendra désormais de sa capacité à transformer ces ambitions en résultats concrets. Le renouvellement des équipements, l’amélioration de la qualité du service, la ponctualité des dessertes ainsi que la professionnalisation de la gestion seront des défis majeurs à relever.
Avec la naissance de la Compagnie Nationale de Transports, le Gabon ouvre ainsi une nouvelle page dans l’organisation de son réseau de transport public. Les prochains mois permettront d’évaluer si cette réforme répond effectivement aux attentes des populations et contribue à faire de la mobilité un véritable levier du développement économique et social du pays.
Judex MANFOUMBI

