Cohésion nationale : des citoyens gabonais appellent à préserver le vivre-ensemble à la veille du 17 août

LIBREVILLE, 10 août 2026 – À quelques jours de la célébration du 66ᵉ anniversaire de l’indépendance du Gabon, un collectif de citoyens gabonais épris de paix, de tolérance et de cohésion nationale a rendu publique une déclaration appelant à la préservation du vivre-ensemble. Dans ce communiqué adressé à la presse nationale et internationale, les signataires mettent en garde contre les dérives susceptibles, selon eux, de fragiliser l’unité du pays.Pour ces citoyens, le vivre-ensemble constitue l’un des héritages majeurs de l’histoire contemporaine du Gabon. Depuis l’indépendance, rappellent-ils, les différentes générations ont œuvré à faire cohabiter les communautés, les régions, les sensibilités politiques et les confessions religieuses autour d’un même destin national.

À la veille du 17 août, le collectif invite ainsi les Gabonais à renouer avec le sens profond de cette célébration. L’indépendance, soulignent les signataires, ne saurait se résumer aux cérémonies officielles, aux symboles et au folklore. Elle doit également être l’occasion de mesurer les sacrifices consentis par les générations précédentes pour construire un État capable de préserver son unité malgré les différences.

Le numérique au cœur des préoccupations

La déclaration s’attarde particulièrement sur l’évolution des pratiques sur les réseaux sociaux. Les signataires dénoncent ce qu’ils considèrent comme une instrumentalisation croissante de l’espace numérique à des fins de division, d’invective et de déstabilisation.

Sans remettre en cause le principe de la liberté d’expression ni celui de la contradiction politique, ils estiment nécessaire de distinguer la critique légitime des propos susceptibles d’attiser la haine ou de porter atteinte à la cohésion sociale.

Le collectif déplore notamment l’émergence, sur certaines plateformes numériques, de pratiques assimilées au chantage, à l’insulte et au dénigrement systématique. Une situation qui, selon lui, transforme progressivement les réseaux sociaux en espaces de confrontation permanente, où les accusations peuvent être diffusées sans preuves et sans véritable possibilité de réponse.

Les signataires appellent donc à davantage de responsabilité dans l’usage des outils numériques. Pour eux, les réseaux sociaux devraient avant tout constituer des instruments de dialogue, de rapprochement et de circulation de l’information entre les Gabonais vivant au pays et ceux de la diaspora.

Le cas Landry Mbeng au centre de la déclaration

Cette prise de position intervient également dans un contexte marqué par la polémique suscitée par les propos attribués à Landry Mbeng, alias « Lanlaire », à l’encontre du président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, et de son entourage.

Le collectif condamne fermement ces propos et estime que leur auteur doit, comme tout citoyen, répondre de ses actes devant les autorités compétentes s’ils sont constitutifs d’infractions. Les signataires insistent toutefois sur un principe essentiel : nul ne saurait être placé au-dessus de la loi, quels que soient son audience, son influence sur les réseaux sociaux ou ses engagements politiques.

Cette position s’accompagne d’un rappel sur la nécessité de préserver le respect des institutions et des personnes qui les incarnent, tout en maintenant un espace pour la critique démocratique.

Un appel à la responsabilité de la presse

Le collectif adresse enfin un appel particulier aux médias gabonais et internationaux. Il leur demande de traiter les sujets susceptibles d’alimenter les tensions avec rigueur et discernement, en veillant à ne pas confondre critique politique, liberté d’expression, incitation à la haine et mise en danger d’autrui.

À quelques jours de la fête nationale, les signataires considèrent que la responsabilité de la cohésion nationale incombe à l’ensemble de la société. Ils appellent ainsi les citoyens à ne pas laisser les réseaux sociaux ou les prises de position individuelles compromettre un héritage collectif construit depuis plus de six décennies.

À travers cette déclaration, le collectif veut surtout rappeler que la liberté d’expression doit s’exercer dans le respect de la loi et de la dignité d’autrui. À ses yeux, le Gabon ne pourra relever les défis de son développement qu’en préservant ce qui constitue l’un de ses fondements : la capacité de ses filles et de ses fils à vivre ensemble dans la paix, la tolérance et la fraternité.





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Assistant Edu Gabon

Judex MANFOUMBI
Judex MANFOUMBI

Directeur de publication

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