Racket dans les transports à Libreville : la FESYTRAG hausse le ton et brandit la menace d’une grève

Le climat social dans le secteur des transports urbains pourrait rapidement se détériorer. Le vice-président de la Fédération des syndicats des transports autonomes du Gabon (FESYTRAG), Brice Mored Ibinga, est monté au créneau pour dénoncer ce qu’il qualifie de « système organisé de racket » visant quotidiennement les chauffeurs de taxi dans plusieurs points stratégiques de Libreville.

Selon le responsable syndical, des agents affectés à la régulation de la circulation à la gare routière auraient recours à deux civils, présentés comme de « petits délinquants », pour percevoir illégalement des sommes de 500 francs CFA auprès de chaque taximan qui décharge ou embarque des clients au niveau de Picorama. Une pratique que Brice Mored Ibinga estime inacceptable et qui, selon lui, se déroulerait avec la complicité de certains individus se présentant comme des syndicalistes, sans avoir, affirme-t-il, jamais œuvré en faveur des intérêts des transporteurs.

Le vice-président de la FESYTRAG regrette que ces agissements perdurent malgré les instructions données par les plus hautes autorités sécuritaires. « Malgré les instructions du commandant en chef et du préfet de police, nous constatons amèrement que certains éléments continuent de faire à leur tête. Le racket est devenu une habitude qu’ils ont du mal à abandonner », dénonce-t-il.

Pour Brice Mored Ibinga, cette situation fait écho aux récentes déclarations du ministre de l’Intérieur, qui avait lui-même exprimé son exaspération face à la persistance des pratiques de racket dans les services de contrôle. Le dirigeant syndical s’interroge désormais sur les véritables responsables de ce réseau. « Ceux qui prélèvent ces sommes disent régulièrement : « Je suis envoyé, je fais le travail que me demande mon patron ». La question est donc de savoir qui tire réellement les ficelles de cette organisation », lance-t-il.

La FESYTRAG cite également le cas des conducteurs de motos-taxis. Selon le syndicat, plusieurs postes d’interpellation seraient installés, l’un au PK10, PK14 et les postes avancée et Nzong où les transporteurs seraient contraints de verser jusqu’à 1 000 francs CFA à chaque passage.

Tout en réaffirmant qu’il n’accuse pas le président de la FESYTRAG, Serge Bertrand Bekale, d’être complice de cette situation, Brice Morel Ibinga reconnaît toutefois que le silence de ce dernier suscite de nombreuses interrogations au sein du bureau fédéral. « Nous connaissons son engagement et les combats qu’il a menés contre ce système. Aujourd’hui, nous nous demandons pourquoi il garde le silence face à cette situation », affirme-t-il.

Face à l’absence de solutions concrètes, le vice-président annonce que la FESYTRAG pourrait franchir un nouveau cap. Un préavis de grève devrait être déposé le 14 août prochain, avec un déclenchement du mouvement envisagé à compter du 17 août si aucune mesure n’est prise pour mettre fin à ces pratiques. Une menace qui fait planer le risque de perturbations dans le transport urbain à Libreville et qui appelle, selon les responsables syndicaux, une réaction rapide des autorités afin d’éviter une crise sociale aux conséquences importantes pour les usagers comme pour les professionnels du secteur.



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Judex MANFOUMBI
Judex MANFOUMBI

Directeur de publication

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