Dans une tribune publiée le 27 juillet 2026, l’acteur civique et vice-président du CESEC, Geoffrey Foumboula Libeka, établit un parallèle entre deux situations qu’il estime révélatrices de l’évolution du respect des droits fondamentaux au Gabon.
Il rappelle qu’en juillet 2016, l’activiste Landry Washington, connu pour ses critiques virulentes à l’encontre du régime d’Ali Bongo Ondimba, avait été interpellé dès son arrivée à l’aéroport de Libreville. Dix ans plus tard, souligne-t-il, Wilfried Okoumba de Kamitatou, également très critique envers les autorités actuelles, a pu regagner le territoire national sans être arrêté ni empêché de circuler.
Pour Geoffrey Foumboula Libeka, cette différence de traitement constitue une illustration du respect des libertés fondamentales garanti par la Constitution sous la Ve République. Selon lui, le fait qu’un citoyen puisse rentrer librement dans son pays, quelles que soient ses opinions ou ses prises de position sur les réseaux sociaux, témoigne d’une évolution en matière de protection des droits de l’homme.
L’auteur de la tribune nuance toutefois son propos. Il rappelle que le respect des libertés constitutionnelles ne saurait être assimilé à une immunité judiciaire. Les éventuelles infractions, notamment celles commises dans l’espace numérique à travers des propos injurieux, diffamatoires ou contraires à la loi, relèvent de la compétence des juridictions. Il appartient ainsi aux personnes estimant avoir été lésées de saisir la justice ou, le cas échéant, au parquet d’engager les procédures prévues par la loi.
Geoffrey Foumboula Libeka relève également que Wilfried Okoumba n’aurait pas été inquiété durant la période où ses critiques visaient principalement les institutions et les autorités gabonaises. En revanche, il observe que la situation aurait évolué lorsque les déclarations de l’activiste ont porté sur des intérêts français, notamment dans le contexte du dossier relatif au manganèse et au groupe Eramet, conduisant à son expulsion du territoire français.
À travers cette observation, l’auteur s’interroge sur les différences de perception et de traitement des discours politiques selon les États. Il pose la question de savoir si la critique des autorités de son propre pays bénéficie parfois d’une plus grande tolérance à l’étranger, tout en invitant à une réflexion sur les limites entre liberté d’expression, responsabilité individuelle et respect des lois.
Cette prise de position s’inscrit dans le débat plus large sur l’équilibre entre la garantie des libertés publiques et l’application du droit, un enjeu qui demeure au cœur des discussions sur l’État de droit au Gabon.
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