Le débat autour de la gestion de la crise de l’eau au Gabon prend une tournure institutionnelle. Dans une analyse publiée au lendemain de la descente sur le terrain du président de la République, Geoffroy Foumboula Libeka Makosso estime que la réponse à la pénurie d’eau doit impérativement s’inscrire dans le respect des dispositions de la Constitution, alors que le pays traverse une phase qu’il qualifie de « chantier constitutionnel ».
L’acteur civique salue les effets immédiats de l’intervention du chef de l’État, qui a conduit à une baisse de près de 70 % des tarifs pratiqués par certains prestataires privés de distribution d’eau. Toutefois, il s’interroge sur le rôle des institutions compétentes. Selon lui, la régulation d’un marché aussi sensible ne devrait pas dépendre exclusivement d’une intervention présidentielle, mais relever du fonctionnement normal des administrations et autorités de contrôle.
Pour étayer son propos, Geoffroy Foumboula rappelle les dispositions de la Constitution relatives à l’état d’urgence. Il cite notamment les articles 60 et 94, qui encadrent strictement les conditions dans lesquelles le président de la République peut proclamer un état d’urgence ou un état de siège, après consultation des institutions concernées et dans un cadre légal bien défini.
À ses yeux, l’expression « état d’urgence hydrique », largement reprise dans le débat public, mérite d’être utilisée avec prudence. Si le pays est confronté à un stress hydrique ou à des difficultés d’approvisionnement en eau potable, ces situations ne sauraient, selon lui, être assimilées automatiquement à un état d’urgence au sens constitutionnel du terme.
L’ancien parlementaire insiste également sur la responsabilité de l’État en matière de régulation. Il rappelle que toute activité de distribution d’eau par des opérateurs privés doit être encadrée par des autorisations administratives et des certificats de conformité sanitaire délivrés par les organismes compétents, notamment l’Agence gabonaise de sécurité alimentaire.
L’analyse s’étend aussi au rôle des forces de défense et de sécurité. Geoffroy Foumboula estime que celles-ci, financées par le budget de l’État, ne devraient pas être impliquées dans la commercialisation de l’eau, considérant qu’aucune ligne budgétaire ne prévoit de telles recettes. Selon lui, leur participation devrait s’inscrire uniquement dans une logique de service public au bénéfice des populations.
Enfin, l’acteur de la démocratie participative invoque l’article 37 de la Constitution, qui garantit à tous les citoyens l’accès à l’eau potable et à l’énergie. Pour lui, ce droit fondamental impose à l’État d’assurer la régulation du secteur sans transformer ce service essentiel en activité commerciale.
À travers cette prise de position, Geoffroy Foumboula Libeka Makosso invite les pouvoirs publics, les institutions et les acteurs de la société civile à préserver la rigueur juridique dans les débats nationaux. Selon lui, accompagner les réformes engagées passe également par le respect scrupuleux du cadre constitutionnel, afin d’éviter que des pratiques ou des terminologies contraires au droit ne finissent par s’imposer comme des normes.
Rédaction
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