Dans un contexte politique marqué par des tensions judiciaires et des débats sur l’égalité devant la loi, l’acteur civique Geoffroy Foumboula Libeka Makosso réaffirme une position qu’il dit constante : privilégier la convocation plutôt que l’interpellation dans le traitement des affaires impliquant des responsables politiques. À travers une déclaration ferme intitulée « Justice, sans émotion », il appelle à la cohérence et au respect strict des principes de droit.
« Mon plaidoyer portera toujours sur le recours prioritaire aux convocations au détriment des interpellations, même si hier, ils agissaient de la même façon sinon pire », martèle-t-il. Pour lui, la justice ne doit ni céder à l’émotion ni s’inscrire dans une logique de revanche. Il rejette explicitement « la loi du talion, œil pour œil, dent pour dent », estimant que l’État de droit impose hauteur et constance, indépendamment des acteurs concernés.
Dans son argumentaire, Geoffroy Foumboula fait référence à une intervention passée de l’ancien Premier ministre Alain-Claude Bilie-By-Nze au Parlement. Répondant à l’honorable Albertine Maganga Moussavou sur l’existence présumée de prisonniers politiques au Gabon, le chef du gouvernement d’alors avait déclaré : « Il n’y a pas au Gabon des prisonniers politiques. Il y a des politiciens qui ont posé des actes répréhensibles (…) l’affaire est entre les mains de la justice. » Il avait également évoqué la radiation d’un enseignant de l’USTM pour « absence prolongée et constatée », des affirmations qui, selon Foumboula, n’avaient pas été étayées par des preuves rendues publiques.
Aujourd’hui, l’acteur civique appelle à appliquer les mêmes principes à tous, y compris à ceux qui exerçaient hier le pouvoir. « On reste cohérent en formulant le plaidoyer de la convocation et non de l’interpellation », insiste-t-il. Selon lui, la convocation constitue une procédure respectueuse des droits, surtout lorsque la personne concernée présente des garanties suffisantes de représentation.
Il évoque à ce titre le cas du syndicaliste Jean-Rémy Yama, pour lequel des garanties de représentation avaient été déposées au tribunal par plusieurs acteurs civiques, sans empêcher son maintien en garde à vue. Pour Geoffroy Foumboula, cette expérience renforce la nécessité d’un traitement équitable et transparent des dossiers judiciaires, quels que soient les protagonistes.
Au-delà des personnes, c’est donc un principe qu’il défend : celui d’une justice impartiale, détachée des clivages politiques et soucieuse de préserver les libertés individuelles. Dans un Gabon en quête de consolidation institutionnelle, ce plaidoyer relance le débat sur les pratiques judiciaires et la nécessaire égalité de tous devant la loi.
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