Aboumi, chef-lieu du département de Bayi-Brikolo dans la province du Haut-Ogooué, vit depuis plusieurs jours une situation de plus en plus inquiétante. La route principale reliant la localité à Okondja est totalement coupée, bloquée par de nombreux arbres tombés et par l’état de dégradation avancée du tracé. Un isolement brutal qui paralyse les habitants d’Aboumi et du canton Lékala, déjà confrontés à des années de sous-développement criard.

Cette coupure de la voie d’accès, essentielle pour relier la ville aux autres villes du pays, a plongé les populations dans une précarité totale. Les véhicules ne passent plus, les denrées alimentaires se raréfient, les malades peinent à être évacués, et les activités économiques sont quasiment à l’arrêt. Pour de nombreux habitants, c’est un sentiment d’abandon qui domine.
Depuis plusieurs années, les travaux de réhabilitation du tronçon Aboumi–Okondja ont pourtant été annoncés à maintes reprises. Différents ministres des Travaux publics se sont succédé, multipliant les visites, les engagements et les relances. Les financements publics auraient même été mobilisés pour amorcer les chantiers. Mais sur le terrain, le constat est amer : rien n’a réellement évolué. Les populations parlent d’un « silence total » et d’un projet qui semble s’être enlisée dans les promesses non tenues.

« Nous vivons comme dans une enclave oubliée. Chaque saison des pluies, c’est le même cauchemar. Aujourd’hui, la route est totalement impraticable. Nous sommes livrés à nous-mêmes », déplore un habitant joint par téléphone.
La situation d’Aboumi n’est pas un cas isolé. Comme dans de nombreuses zones rurales du Gabon, le département de Bayi-Brikolo souffre d’un déficit criant d’infrastructures de base. Routes dégradées, absence de services publics fonctionnels, accès compliqué aux soins et à l’éducation : les difficultés s’empilent et frappent durement les populations. Sans routes, aucun développement durable n’est possible, rappellent régulièrement les autorités locales.
Face à l’urgence, les habitants d’Aboumi et du canton Lékala lancent un appel pressant au Président de la République , Brice Clotaire OLIGUI NGUEMA. Ils demandent un regard particulier sur cette situation devenue intenable, espérant que le Chef de l’État pourra relancer et superviser personnellement ce chantier vital pour leur survie économique et sociale.
Alors que le gouvernement multiplie les efforts pour réhabiliter les infrastructures du pays et reconnecter les territoires isolés, la détresse des habitants de Bayi-Brikolo rappelle l’urgence d’une action concrète et rapide. Pour Aboumi, le temps presse.
Judex MANFOUMBI

