Le Gabon vient de franchir une nouvelle étape majeure dans sa politique de protection de la biodiversité et de lutte contre les changements climatiques. En marge de la COP30 à Belém, le gouvernement a officialisé la signature d’une Lettre d’Intention pour le lancement du projet de Financement pour la Permanence (PFP) baptisé « Gabon Infini », en partenariat avec The Nature Conservancy (TNC) et le Fonds de Préservation de la Biodiversité au Gabon (FPBG).

Cette signature couronne plus d’une année de planification rigoureuse et de concertation entre les autorités, la société civile et les partenaires internationaux engagés dans la préservation du patrimoine naturel gabonais. Le mécanisme PFP ainsi mis en place vise à garantir, sur le long terme, un financement durable pour la conservation des écosystèmes critiques du pays, dont les forêts denses et les puits de carbone qui jouent un rôle stratégique dans la régulation climatique mondiale.
Soutenu par l’alliance internationale Enduring Earth, le projet « Gabon Infini » entend mobiliser des ressources financières inédites sur une période de dix ans. Il prévoit la mise à disposition de 94 millions de dollars provenant de donateurs majeurs tels que le Fonds pour l’environnement mondial et le Bezos Earth Fund, auxquels s’ajouteront 86 millions de dollars de financement public gabonais pour garantir la réussite et la pérennité du programme.

Pour Jennifer Morris, PDG de The Nature Conservancy, l’engagement du Gabon est exemplaire :
« La biodiversité exceptionnelle du Gabon nécessite une protection urgente face aux menaces croissantes du changement climatique. Le pays abrite l’une des dernières grandes forêts intactes du monde, véritable puits de carbone et refuge d’espèces emblématiques. Soutenir la vision ambitieuse du Gabon est essentiel pour préserver ce patrimoine unique. Nous saluons les avancées enregistrées dans le cadre du projet Gabon Infini. »
Dans le même élan, Ryan Demmy Bidwell, Directeur mondial des PFP pour TNC, a insisté sur l’impact international du leadership gabonais :
« Comme en Amazonie, où émergent des plateformes de financement innovantes, la gestion exemplaire par le Gabon de ses massifs forestiers n’a pas toujours obtenu les soutiens nécessaires. Ce partenariat marque un tournant. Le Gabon confirme son rôle de pionnier mondial de la conservation. »

Pour les autorités gabonaises, cette signature est plus qu’un accord : c’est un engagement intergénérationnel. Elle ouvre la voie à une réforme profonde de la gouvernance environnementale, mais aussi à une dynamique économique tournée vers la nature. Les fonds mobilisés permettront non seulement de protéger les écosystèmes terrestres, d’eau douce et marins, mais également de renforcer les actions communautaires, notamment dans la gestion durable des ressources et la coexistence homme-faune.
Fort du succès des Obligations Bleues, le Gabon entend aller plus loin en créant de nouveaux mécanismes financiers autonomes et durables. Parmi les objectifs : l’expansion de l’écotourisme, la mise en place d’un fonds d’investissement dédié aux initiatives économiques communautaires, ainsi que la création d’un fonds de dotation pérenne pour la conservation.
Avec « Gabon Infini », le pays confirme son ambition de bâtir une économie résolument fondée sur la nature, tout en consolidant son statut de leader mondial de la protection de l’environnement. À Belém, le message est clair : la préservation du patrimoine naturel gabonais est désormais inscrite dans une vision durable, structurée et irréversible.
Judex MANFOUMBI

