LIBREVILLE, 10 novembre 2025 —
Dans une ambiance conviviale et empreinte de fierté nationale, le Centre Gabonais de l’Innovation (CGI) a célébré ce lundi son premier anniversaire dans ses locaux du premier arrondissement de Libreville. Un événement symbolique, marqué par la présence de plusieurs invités de prestige, de partenaires techniques, d’entrepreneurs et d’acteurs de l’écosystème numérique.

Sous la houlette de son directeur général, Stéphane ZENG, cette journée spéciale a mis en lumière le chemin parcouru en une année seulement par cette jeune institution devenue, en un temps record, un pilier du développement technologique, de la souveraineté numérique et de l’innovation au Gabon.
Un an après : un bilan riche et prometteur
Créé dans le but de stimuler la créativité et d’accompagner les porteurs de projets technologiques, le CGI s’est rapidement imposé comme un catalyseur d’idées, un incubateur de talents et un laboratoire de solutions made in Gabon.
Son objectif : structurer un véritable écosystème de l’innovation, fédérant ceux qui imaginent, financent, accompagnent et concrétisent les idées innovantes.

> « Nous avons voulu montrer comment le CGI s’inscrit dans un écosystème qui se structure autour des acteurs de l’innovation, qu’ils soient dans la technologie, la culture, la finance ou l’entrepreneuriat social. C’est ensemble que nous bâtirons le Gabon numérique », a déclaré Stéphane Zeng dans son allocution.
Dès ses débuts, le CGI a su incarner la confiance entre l’État et le secteur privé. Une collaboration exemplaire qui démontre que lorsque les Gabonais unissent leurs forces, ils sont capables de grandes choses.
Des innovations concrètes et 100 % gabonaises
Parmi les réalisations majeures du CGI, plusieurs projets phares témoignent du dynamisme de ses équipes et de l’expertise nationale.
Le Projet PALI — premier du genre au Gabon — a permis la conception et l’assemblage local des mini unités centrales portables “CGI Made in Gabon”. Ces “Power Banks intelligentes” sont capables d’alimenter des ordinateurs même en cas de coupure d’électricité, illustrant la résilience et la créativité technologique des ingénieurs gabonais.

Dans le domaine de la digitalisation des services publics, le CGI a développé plusieurs logiciels destinés à moderniser l’administration :
des plateformes de gestion documentaire, des outils de paiement en ligne, et des applications de suivi des flux financiers pour plus de transparence.
« Grâce à ces solutions, nous voulons mettre fin aux longues files d’attente et à la répétition des démarches inutiles. Avec le numérique, chaque document aura sa trace, chaque paiement sera suivi, et chaque service public gagnera en efficacité », a insisté le directeur du centre.
Le CGI a également démontré ses compétences dans le secteur de la santé, avec la création d’une application de digitalisation sanitaire favorisant l’accès aux soins pour tous.
Autre projet phare : une application de gestion de la pêche, un outil stratégique dans un contexte où la souveraineté économique et maritime du pays est devenue un enjeu majeur.
L’innovation au service de la culture et de l’entrepreneuriat
Le CGI ne se limite pas aux technologies numériques : il s’étend aussi à la culture et à la formation.
Grâce à l’intelligence artificielle, le centre a produit le premier dessin animé 100 % gabonais, valorisant les langues locales et le patrimoine culturel du pays. Une initiative saluée par les acteurs du secteur artistique, qui y voient une passerelle entre tradition et modernité.
En parallèle, le CGI agit comme incubateur d’entreprises et d’initiatives locales. Il a notamment accompagné des structures comme GabonCret, une entreprise artisanale dirigée par une jeune mère gabonaise. Cette collaboration illustre la volonté du CGI d’ouvrir ses portes à tous les porteurs d’idées, même hors du secteur technologique, pour leur offrir un accompagnement professionnel et une visibilité accrue.
> « Quand une Gabonaise vient avec une compétence, une idée, et qu’on l’aide à la structurer, à trouver des financements et à rencontrer des partenaires, c’est tout le pays qui grandit », souligne Stéphane Zeng.
Un modèle soutenu par l’État et tourné vers l’autonomie
Fruit d’une coopération public-privé, le CGI bénéficie d’un appui stratégique du gouvernement gabonais, dans le cadre du plan national de transition numérique.
Le Gabon fait d’ailleurs partie des 14 pays au monde retenus pour abriter un Centre d’accélération sous-régional, un label qui confirme la crédibilité du CGI sur la scène internationale.
Le centre fonctionne selon un modèle économique hybride, combinant financement public et recherche d’autonomie.
D’après le business plan, une rentabilité est attendue d’ici deux ans, grâce à la commercialisation de solutions numériques locales et à la création de partenariats techniques avec des acteurs internationaux.
Parmi eux, la collaboration avec le FabLab de Mandat illustre la volonté du CGI d’étendre son influence au-delà des frontières nationales, tout en consolidant un savoir-faire 100 % gabonais.
Un écosystème en pleine effervescence
Le CGI n’agit pas seul. Il s’appuie sur un réseau de partenaires dynamiques : entrepreneurs, développeurs, institutions académiques, et entreprises technologiques.
En un an, il a permis la mise en relation de dizaines de jeunes talents avec des investisseurs et a organisé des programmes d’acculturation numérique à destination des administrations et des PME.
Parmi les projets à venir :
Le “Gemmage souverain”, visant la production locale d’équipements technologiques ;
Les centres urbains intelligents, pour une gestion numérique des villes ;
Les tableaux de bord de gouvernance, qui offriront des outils de suivi en temps réel aux décideurs publics.
Ces initiatives traduisent une ambition claire : faire du Gabon un hub numérique régional, capable d’exporter son savoir-faire technologique et de contribuer à la transformation digitale du continent africain.
Le message fort du directeur du CGI
En clôture de la cérémonie, Stéphane Zeng a livré un message empreint d’humilité mais aussi d’ambition :
> « Le Gabonais est compétent. Il est reconnu dans le monde pour la qualité de sa formation. Il est temps que nous croyions en nous-mêmes. L’innovation n’est pas un rêve, c’est une nécessité. Si nous travaillons avec rigueur, si nous restons unis, nous ferons du Gabon une référence en Afrique. »
Pour lui, la réussite du CGI repose sur la confiance mutuelle, la transparence et la rigueur professionnelle.
Il a insisté sur la nécessité d’éviter les dérives ou les promesses non tenues qui pourraient fragiliser la digitalisation du pays.
Vers un futur numérique gabonais souverain
En seulement douze mois d’existence, le Centre Gabonais de l’Innovation a prouvé que le génie gabonais n’est pas un mythe, mais une réalité tangible.
Entre l’accompagnement des jeunes startups, la mise en œuvre de solutions numériques locales et la création d’un écosystème collaboratif, le CGI a réussi à faire du rêve d’un Gabon numérique et souverain une ambition désormais à portée de main.
Cette première année n’était qu’une introduction. Les prochaines s’annoncent comme le chapitre d’une nouvelle ère — celle où le Gabon invente, conçoit et exporte ses propres innovations.
En somme, le CGI incarne une révolution silencieuse mais puissante : celle d’un pays qui se réinvente par la compétence, la créativité et la technologie.
Et comme l’a rappelé son directeur, « quand on crée ensemble, on finit toujours par gagner ensemble ».
Judex MANFOUMBI

