Les 33 partis politiques ayant refusé de se soumettre au processus de régularisation prévu par la loi n°16/2025 sur les partis politiques entendent engager une riposte juridique afin de contester son application, estimant que les nouvelles dispositions ne peuvent s’imposer à des formations légalement constituées avant son entrée en vigueur, indique Jean Romain Fanguinoveny, président du Parti du Peuple Gabonais (PPG), ancien candidat à la présidentielle d’août 2023.
Cette position intervient après la publication, le 2 juillet, du bilan du ministère de l’Intérieur, de la Sécurité et de la Décentralisation, selon lequel 69 des 102 partis légalement reconnus ont déposé leurs dossiers de mise en conformité dans les délais impartis.
À l’initiative du président du Parti du Peuple Gabonais (PPG), Jean Romain Fanguinoveny, une réunion des formations concernées est prévue le 8 juillet au siège du parti à Libreville. Les participants envisagent de créer un Collectif des Partis Politiques Historiques pour le Respect de la Constitution et du Pluralisme Démocratique au Gabon, chargé de coordonner leur stratégie commune.
Les responsables de ces partis soutiennent que l’application de la loi n°16/2025 à des organisations déjà reconnues contrevient au principe de non-rétroactivité des lois. Ils annoncent leur intention de saisir successivement le ministère de l’Intérieur, la Cour administrative, la Cour constitutionnelle et, si nécessaire, le Président de la République afin d’obtenir un réexamen de cette mesure.
Pour leur part, les autorités défendent une réforme destinée à restructurer un paysage politique jugé trop fragmenté et à renforcer la représentativité des partis. Les décisions attendues sur les dossiers déposés pourraient ouvrir une nouvelle phase de contentieux, sur fond de débat entre assainissement de la vie politique et préservation du pluralisme démocratique

