Ve République : l’affaire CECA-GADIS relance le débat sur les droits des travailleurs

Alors que le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, multiplie les initiatives en faveur de l’emploi, de la justice sociale et de la protection des travailleurs dans le cadre de la Ve République, certaines entreprises semblent encore peiner à s’inscrire dans cette nouvelle dynamique. Le conflit qui oppose 63 anciens salariés de Gaboprix et CK2 au groupe CECA-GADIS en est une illustration préoccupante.

La crise sociale, latente depuis plusieurs mois, a éclaté au grand jour le jeudi 25 juin à Libreville, lors d’une conférence de presse organisée par les anciens employés. Accompagnés de leur avocat, Maître Tony Serge Minko Mi Ndong, ils ont dénoncé ce qu’ils qualifient de graves irrégularités dans la procédure de licenciement économique engagée par leur ancien employeur.

Selon le conseil des plaignants, aucun des 63 salariés concernés n’aurait été directement informé ni consulté avant la décision de licenciement.

« Aucun des travailleurs que je représente n’a été saisi, informé ou approché par un délégué du personnel ou un représentant syndical », a affirmé l’avocat, estimant que la procédure n’a pas respecté les exigences du Code du travail gabonais.

Les anciens employés dénoncent également l’absence de choix entre une indemnité d’insertion professionnelle et un accompagnement dans le cadre d’un plan social, pourtant prévu par la législation nationale. Une omission qu’ils considèrent comme une atteinte à leurs droits et qui renforce leur volonté de faire reconnaître les éventuelles irrégularités devant les juridictions compétentes.

Après plusieurs tentatives de dialogue restées, selon eux, sans réponse satisfaisante, les plaignants annoncent leur intention de saisir l’Inspection du travail, le tribunal administratif ainsi que le tribunal du travail afin que la justice tranche ce différend.

De son côté, le groupe CECA-GADIS maintient avoir agi dans le strict respect des dispositions légales encadrant les licenciements économiques. L’entreprise fait valoir que les consultations nécessaires ont été menées avec les représentants du personnel et que la procédure est conforme aux textes en vigueur. Désormais, il reviendra aux autorités compétentes d’établir les responsabilités de chaque partie.

Il convient toutefois de rappeler que CECA-GADIS traverse depuis plusieurs années une situation financière délicate. Il y a près d’un an, la direction avait publiquement évoqué la possibilité de fermer plusieurs magasins afin de faire face aux difficultés économiques persistantes. Cette conjoncture explique en partie les restructurations engagées, sans pour autant éteindre les interrogations sur le respect des droits des travailleurs.

Au-delà de ce contentieux, cette affaire interpelle sur la nécessité pour les entreprises d’accompagner la vision sociale portée par le chef de l’État, qui place la lutte contre le chômage, le dialogue social et la protection des employés au cœur de son action.

Une issue négociée ou une décision de justice équilibrée permettrait non seulement d’apaiser les tensions, mais aussi de renforcer la confiance dans les réformes sociales engagées sous la Ve République.





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Assistant Edu Gabon

Judex MANFOUMBI
Judex MANFOUMBI

Directeur de publication

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