Libreville face au retour inquiétant des vendeurs « debout-debout » : la santé publique en péril

Dans les rues et carrefours de Libreville, le phénomène des vendeurs communément appelés « debout-debout » connaît un regain spectaculaire.

À toute heure de la journée, des plats cuisinés, boissons artisanales et aliments divers sont proposés à même les trottoirs, souvent sans respect des règles élémentaires d’hygiène. Si cette activité permet à de nombreuses familles de survivre dans un contexte économique difficile, elle soulève aujourd’hui de sérieuses inquiétudes sanitaires.

Depuis plusieurs semaines, les structures de santé observent une recrudescence alarmante de maladies graves au sein de la population. Accidents vasculaires cérébraux (AVC), intoxications alimentaires, infections digestives sévères et, plus préoccupant encore, des cas de morts subites sont régulièrement signalés. Pour de nombreux professionnels de santé, la mauvaise qualité de certains aliments consommés « sur le pouce » constitue un facteur aggravant majeur.

Exposés à la poussière, aux gaz d’échappement, aux insectes et parfois manipulés sans eau potable ni protection adéquate, ces aliments deviennent de véritables vecteurs de maladies.

L’utilisation d’huiles de cuisson recyclées à plusieurs reprises, la conservation inadéquate des produits périssables et l’absence de contrôles sanitaires accentuent les risques pour les consommateurs, souvent inconscients du danger.

La situation est d’autant plus préoccupante que le « grand fléau » sanitaire qui frappe actuellement la population gabonaise semble trouver un terrain favorable dans ces pratiques alimentaires à haut risque.

Les personnes les plus vulnérables – travailleurs précaires, élèves, étudiants et conducteurs de transports urbains – sont les premières exposées, faute d’alternatives accessibles et sûres.

Face à cette urgence, une question revient avec insistance : à quand une réaction ferme et coordonnée des services de l’État ? Ministères en charge de la Santé, de l’Intérieur, du Commerce et collectivités locales sont interpellés. La population attend des contrôles rigoureux, une réglementation claire, mais aussi des mesures d’accompagnement pour encadrer cette activité sans la brutaliser.

Car il ne s’agit pas seulement de réprimer, mais aussi de sensibiliser. Former les vendeurs aux bonnes pratiques d’hygiène, aménager des espaces de vente salubres et renforcer l’éducation nutritionnelle des consommateurs sont autant de pistes indispensables pour préserver la santé publique.
Aujourd’hui, l’inaction n’est plus une option. La santé des Gabonais est en danger, et chaque jour qui passe sans réponse concrète accroît le risque d’une crise sanitaire aux conséquences irréversibles.

 

Judex MANFOUMBI





Assistant Edu Gabon

Judex MANFOUMBI
Judex MANFOUMBI

Directeur de publication

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