Libreville, le 30 octobre 2026. Le changement climatique s’impose de plus en plus comme un enjeu majeur de paix et de sécurité en Afrique centrale. C’est dans cette perspective que Mohamed El Amine Souef, Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies pour l’Afrique centrale et Chef du Bureau régional des Nations Unies pour l’Afrique centrale (UNOCA), s’est entretenu, le 30 octobre, avec Stanislas Stephen Mouba, ministre gabonais de l’Environnement et du Climat. Au cœur de cette rencontre : le renforcement de la coopération climatique, la mobilisation des financements et la prévention des conflits dans la sous-région.
Les échanges ont notamment porté sur les conséquences des dérèglements climatiques sur les ressources naturelles et les moyens de subsistance des populations. Dans une région où les communautés dépendent fortement des écosystèmes pour leurs activités économiques et leur quotidien, les pressions exercées sur les ressources peuvent accentuer les vulnérabilités et alimenter des tensions locales.
Face à ces défis, les deux personnalités ont souligné la nécessité de mieux intégrer les dimensions de paix et de sécurité dans les politiques climatiques. L’objectif est de promouvoir des réponses préventives, capables de renforcer la résilience des communautés tout en contribuant à la stabilité régionale.
La finance climatique au cœur des priorités
Au-delà des enjeux environnementaux et sécuritaires, la rencontre a accordé une place importante à la finance climatique. Le Gabon et l’UNOCA entendent renforcer leur coopération afin de faciliter l’accès aux mécanismes de financement internationaux et de soutenir des projets d’adaptation aux changements climatiques.
La mobilisation de ressources destinées à renforcer la résilience des populations apparaît comme un levier essentiel. Elle doit permettre d’accompagner les communautés les plus exposées, de préserver leurs moyens de subsistance et de réduire les risques de tensions liées à la raréfaction des ressources naturelles.
Les discussions ont également porté sur la mobilisation de partenariats et de financements au bénéfice du Gabon et de l’ensemble de l’Afrique centrale. Cette approche vise à favoriser une meilleure coordination entre les acteurs nationaux, régionaux et internationaux, afin de donner davantage d’efficacité aux initiatives engagées sur le terrain.
COP31 : une position commune pour l’Afrique centrale
La préparation de la 31e Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques (COP31), prévue à Antalya, en Türkiye, du 9 au 20 novembre 2026, a également figuré parmi les sujets abordés.
Les deux interlocuteurs ont évoqué la position commune élaborée par les organisations de la société civile d’Afrique centrale en vue de cette échéance internationale. Cette contribution met notamment en avant les liens entre climat, paix et sécurité, la nécessité d’accroître la mobilisation des financements climatiques ainsi que la participation effective des femmes et des jeunes aux politiques climatiques et aux initiatives de prévention des conflits.
Cette démarche traduit la volonté de faire entendre davantage la voix de l’Afrique centrale dans les négociations internationales, en tenant compte des réalités territoriales et des besoins des populations. Elle souligne également l’importance d’une approche inclusive, dans laquelle les femmes et les jeunes sont considérés comme des acteurs à part entière de la transition écologique et de la consolidation de la paix.
Une coopération au service d’une paix durable
Au terme de cette rencontre, l’accent a été mis sur l’importance d’une action concertée entre les institutions nationales, les organisations régionales et les partenaires internationaux. Pour le Gabon, l’enjeu consiste à poursuivre ses efforts en matière de protection de l’environnement tout en renforçant les mécanismes de résilience face aux conséquences du changement climatique.
L’articulation entre adaptation climatique, financement du développement et prévention des conflits constitue ainsi une piste stratégique pour répondre aux défis auxquels l’Afrique centrale est confrontée.
À l’approche de la COP31, les échanges entre Mohamed El Amine Souef et Stanislas Stephen Mouba rappellent que la lutte contre le changement climatique ne saurait se limiter à la protection des écosystèmes. Elle doit également contribuer à préserver les moyens de subsistance, à réduire les vulnérabilités et à consolider les conditions d’une paix durable.
Pour l’UNOCA et le Gabon, le renforcement de la coopération dans ces domaines représente donc un enjeu déterminant pour la stabilité et le développement de l’Afrique centrale.

