Réforme de la loi sur les partis politiques : une frange des « Partis frères » réclame des garanties juridiques et appelle le gouvernement au dialogue.
Une frange des partis politiques regroupés au sein de la galaxie dite des « Partis frères » monte au créneau face au projet de modification de la loi n°016/2025 du 30 juin 2025 relative aux partis politiques en République gabonaise. Dans une déclaration rendue publique, ces responsables politiques expriment leurs préoccupations quant aux conséquences potentielles de cette initiative sur la sécurité juridique des formations politiques légalement constituées et sur le pluralisme démocratique.
Prenant la parole devant la presse nationale et internationale, le collectif, dont la déclaration est portée par Joachim Mbatchi Pambou, président du Forum pour la Défense de la République (FDR), affirme ne pas être opposé au principe des réformes. Il souhaite toutefois que toute évolution législative préserve les droits acquis, garantisse l’égalité de traitement et évite de transformer les exigences administratives en instruments d’exclusion politique.
La sécurité juridique au cœur des préoccupations
Pour les signataires, la loi du 30 juin 2025 constitue le cadre juridique de référence applicable aux partis politiques. Ils estiment que toute modification doit respecter les principes de sécurité juridique, d’égalité devant la loi et de pluralisme politique.
Le collectif s’interroge notamment sur les conséquences des nouvelles exigences envisagées pour les formations politiques existantes. Il demande aux autorités de préciser les motivations du projet, les obligations qui pourraient en découler et les modalités permettant aux partis concernés de se mettre en conformité.
« Nous n’avons pas soutenu la refondation du Gabon pour voir la Vᵉ République devenir le tombeau du pluralisme démocratique », déclarent les responsables, qui mettent en garde contre toute marginalisation administrative de certaines formations politiques.
À leurs yeux, les partis constituent des acteurs essentiels de la démocratie représentative, de l’expression des opinions et de la participation citoyenne. L’encadrement légal de leurs activités ne devrait donc pas les placer dans une situation d’incertitude permanente.
Un soutien à la refondation assorti d’un devoir d’alerte
Revenant sur leur engagement depuis les événements d’août 2023 et l’avènement de la Vᵉ République, les signataires rappellent avoir privilégié l’intérêt supérieur de la Nation, la stabilité des institutions et la réussite du processus de refondation nationale.
Ils précisent néanmoins que cette position ne saurait être interprétée comme un renoncement à leur liberté de parole ni comme un soutien inconditionnel à toutes les initiatives institutionnelles. Le collectif insiste ainsi sur le caractère républicain et pacifique de sa démarche, qu’il présente comme une exigence de vigilance démocratique plutôt que comme une rupture avec les autorités.
Dans cette perspective, il appelle le gouvernement à privilégier le dialogue et à veiller à ce qu’aucune réforme ne conduise à l’exclusion de partis légalement constitués.
Des recours internationaux envisagés
Le collectif annonce également qu’il se réserve le droit de saisir plusieurs instances internationales, notamment l’Organisation des Nations unies (ONU), l’Union africaine (UA), la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples, l’Union européenne (UE), l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) et le Commonwealth.
Cette éventualité viserait, selon les signataires, à défendre leurs droits, les libertés démocratiques et le respect de l’État de droit au Gabon.
En conclusion, les responsables politiques défendent trois piliers qu’ils jugent indispensables à la stabilité du pays : la démocratie multipartite, la paix et l’État de droit. Ils souhaitent que la Vᵉ République soit celle de la consolidation démocratique et du respect des libertés politiques.
Judex MANFOUMBI

