Libreville – Le climat se tend dans le secteur du transport urbain. Le vice-président de la Fédération des syndicats des transports autonomes du Gabon (FESYTRAG), Brice Morèd Ibinga, est monté au créneau pour dénoncer ce qu’il qualifie de « système de racket organisé » qui sévirait dans le Grand Libreville.
Selon le responsable syndical, plusieurs policiers affectés à la régulation de la circulation se livreraient à des prélèvements illégaux sur les conducteurs de taxis et de taxis-bus. Il affirme que des agents seraient munis d’un stylo et d’une feuille afin de relever les numéros d’immatriculation des véhicules ayant versé une somme de 500 FCFA par rotation, pratique qu’il juge contraire aux missions de la police.
Brice Morèd Ibinga estime que ces agissements persistent malgré les instructions qui auraient été données par le commandement de la police pour mettre fin à ces pratiques. « Si les ordres ne sont pas respectés, qui tire réellement les ficelles de ce système ? », s’interroge-t-il.
Le vice-président de la FESYTRAG affirme également que la gare routière de Libreville constituerait le principal point de départ de ce phénomène. D’après ses déclarations, des policiers feraient appel à des individus chargés de collecter 500 FCFA au débarquement puis 500 FCFA supplémentaires à l’embarquement, notamment au niveau de Bicorama. Il soutient que ce même mode opératoire serait observé sur les lignes desservant PK12, Owendo et Delta.
Autre point soulevé par le syndicaliste : le rôle attribué à certains policiers dans l’organisation des chargements à la gare routière. Selon lui, ces derniers décideraient des véhicules autorisés à embarquer les passagers, alors même que les opérateurs économiques s’acquittent de taxes auprès de la mairie pour l’exploitation du domaine communal.
Enfin, Brice Morèd Ibinga s’interroge publiquement sur le silence du président de la FESYTRAG, Serge Bertrand Bekale, connu jusque-là pour ses prises de position contre les dérives dans le secteur. Le vice-président dit ne pas comprendre cette absence de réaction et appelle la direction de la fédération à se prononcer sur ça.
Ces déclarations, qui mettent en cause de présumées pratiques de corruption, n’ont pour l’heure fait l’objet d’aucune réaction officielle de la Police nationale, de la Préfecture de police ou des responsables de la FESYTRAG concernés. Si elles étaient avérées, elles soulèveraient des interrogations sur la gouvernance du transport urbain et sur le respect des règles encadrant l’exercice des missions de police dans le Grand Libreville.
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