Libreville, Gabon – Le maintien en détention préventive du journaliste gabonais Médard Tounda Youbi continue de susciter de vives réactions au sein de la profession. Dans une déclaration officielle rendue publique récemment, le Réseau National des Journalistes Indépendants (RENAJI) a exprimé sa « profonde préoccupation » et son « indignation » face à l’incarcération prolongée de son membre à la prison centrale de Libreville depuis le 23 avril 2026.
Cette affaire oppose le journaliste à la ministre de l’Entrepreneuriat, du Commerce et des PMI-PME, Zenaba Gninga Chaning. Selon le RENAJI, plusieurs zones d’ombre entourent la procédure judiciaire engagée contre le confrère, dont les circonstances du placement en détention continuent d’alimenter les interrogations.
L’organisation professionnelle rappelle que Médard Tounda Youbi s’était volontairement présenté devant les autorités judiciaires afin de répondre aux accusations portées contre lui. Après son audition, le juge d’instruction aurait initialement ordonné sa mise en liberté provisoire. Une décision qui, selon le RENAJI, aurait été remise en cause quelques minutes plus tard, entraînant finalement son transfert à la prison centrale.
Pour le réseau, ce revirement soulève des questions sur le respect des principes d’indépendance de la justice et de présomption d’innocence. « Comment comprendre qu’une décision judiciaire puisse être annulée dans un délai aussi court ? », s’interroge l’organisation, qui évoque la nécessité d’une plus grande transparence dans le traitement du dossier.
Le RENAJI souligne également que les qualifications initialement avancées dans cette affaire auraient évolué au fil de la procédure. Alors que des accusations de diffamation, de chantage et d’extorsion de fonds avaient été évoquées, celles-ci auraient finalement été requalifiées en menace par voie de fait. Une évolution qui, selon l’organisation, renforce le caractère disproportionné du maintien en détention préventive.
Au-delà de l’aspect judiciaire, le contexte particulier de cette affaire attire également l’attention. Médard Tounda Youbi avait notamment occupé les fonctions de directeur de campagne de Zenaba Gninga Chaning lors de l’élection présidentielle de 2025, avant que cette dernière n’accède au gouvernement. Pour le RENAJI, cette proximité passée nourrit des interrogations sur la nature réelle du différend opposant aujourd’hui les deux parties.
L’organisation affirme par ailleurs que les échanges qu’elle a eus avec la ministre en mai dernier ont davantage porté sur des questions d’ordre personnel et interne que sur le contenu journalistique ayant motivé la plainte. Elle estime ainsi que le conflit pourrait dépasser le simple cadre professionnel.
Face à cette situation, le RENAJI exige le respect des droits de la défense, la transparence de la procédure ainsi que l’application stricte du principe de présomption d’innocence. L’organisation réclame la mise en liberté immédiate ou, à défaut, la liberté provisoire de son membre durant la poursuite de l’instruction.
Dans sa déclaration, le président du RENAJI, Aimé Serge Boulingui, rappelle que « la liberté de la presse n’est pas négociable » et souligne que cette affaire intervient dans un contexte marqué par plusieurs incidents ayant concerné des professionnels des médias au Gabon ces derniers mois.
Le réseau appelle enfin les autorités judiciaires à communiquer clairement sur les motifs du maintien en détention du journaliste, afin de préserver la confiance des citoyens dans les institutions et de garantir le respect des principes fondamentaux de l’État de droit.
Affaire à suivre
📘 Conçu par un conseiller pédagogique en physique-chimie au Gabon, « La Méthode MPC » donne à votre enfant les six réflexes concrets pour transformer ses révisions en bonnes notes, en Maths, Physique et Chimie.
👉 Découvrez la méthode maintenant : "https://jwztxxls.mychariow.co/mathsphysique"
Assistant Edu Gabon

