Litige foncier derrière Berthe et Jean : la population accuse Mays Mouissi et la SNI de trahir la vision sociale du Chef de l’État

Réunis en assemblée générale ce samedi 16 Mai, les habitants de la zone située derrière Berthe et Jean ont exprimé leur profonde colère face à ce qu’ils qualifient de « dérives » dans la mise en œuvre du projet social foncier initié par le Président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema.
Face à une foule déterminée, les représentants de la populations sinistrées ont dénoncé avec vigueur les opérations de déguerpissement, les destructions de biens et ce qu’ils considèrent comme une spoliation organisée des parcelles occupées depuis plusieurs décennies.

Dans leur ligne de mire : le Ministre de L’urbanisme , du Logement et du cadastre, Mays Mouissi et la Direction générale de la Société Nationale Immobilière (SNI), accusés de ne pas respecter l’esprit de la mesure sociale annoncée par le Chef de l’État.

Selon plusieurs intervenants, aucune décision de justice n’aurait été rendue avant les opérations de destruction observées sur le terrain.

Les habitants évoquent notamment des soubassements démolis, des barrières arrachées, des plantations détruites ainsi que des terrains nivelés par des engins Caterpillar.

« Nous ne refusons pas le projet du Président de la République. Nous demandons simplement que sa vision soit appliquée dans le respect des Gabonais », a déclaré le porte-parole, Simplice Ibounaga.La population rappellent que le projet présidentiel visait initialement une régularisation foncière accessible aux citoyens, avec des coûts fixés à 600 000 FCFA pour les parcelles allant jusqu’à 2 000 m² et 1,2 million FCFA pour les superficies plus importantes.

Or, selon elles, le processus aurait progressivement dérivé vers une logique de commercialisation du foncier, avec des prix qui pourraient atteindre 12 000 FCFA le mètre carré.

Pour les habitants, cette orientation constitue une trahison de la philosophie sociale voulue par le Chef de l’État. « Une mesure sociale ne peut pas devenir un gagne-pain pour certains intérêts », ont martelé plusieurs participants à cette assemblée générale.

Autre point de crispation : l’absence de concertation préalable. Les riverains dénoncent le manque de cartographie participative et regrettent qu’aucune table ronde n’ait été organisée afin de trouver un compromis équilibré entre les impératifs du projet et les droits des occupants historiques.

Certains rappellent vivre dans cette zone depuis les années 1970, à une époque où cet espace n’était encore qu’une forêt dense.

Les habitants disent avoir porté des lettres auprès des plus hautes autorités de la République, notamment le Vice-Président, la Présidence de la République, l’Assemblée nationale et le Sénat. À travers cette mobilisation, ils lancent un nouvel appel direct au Président Brice Clotaire Oligui Nguema afin qu’il soit informé, selon eux, de « la réalité du terrain ».

« Monsieur le Président, les gens viennent vous mentir. Ce qui vous ont présenté n’est pas ce que nous vivons ici », ont-ils insisté, tout en réaffirmant leur soutien au projet présidentiel, mais dans le strict respect des droits des populations concernées.



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Judex MANFOUMBI
Judex MANFOUMBI

Directeur de publication

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