Cité de la Démocratie : les artisans de l’alerte exclus de la consécration

Libreville s’apprête à vivre un moment historique. Ce dimanche 3 avril 2026, le ruban sera officiellement coupé pour célébrer la renaissance de la Cité de la Démocratie, symbole retrouvé de la souveraineté nationale et vitrine du Gabon en reconstruction. Pourtant, derrière l’éclat des projecteurs et la solennité annoncée de la cérémonie, une absence fait déjà grand bruit dans les rédactions de la capitale : celle de Victor Moundounga et Henrik Boukoko.

Deux noms, deux voix, deux regards qui avaient pourtant contribué à déclencher ce renouveau tant attendu. Il y a encore peu de temps, le Palais des Congrès n’était qu’un vestige abandonné, un squelette de béton rongé par la végétation et l’indifférence. Dans un reportage marquant, sans concession, ces deux journalistes avaient pris le risque de montrer ce que beaucoup préféraient taire : la décrépitude d’un patrimoine national laissé à l’abandon durant les dernières années du régime d’Ali Bongo.

Ce travail de terrain, empreint de courage et de responsabilité, avait alors provoqué une onde de choc dans l’opinion publique. Images à l’appui, Moundounga et Boukoko avaient interpellé la conscience collective, mais surtout attiré l’attention du Président de la Transition, le Général Brice Clotaire Oligui Nguema. Touché par cet état de fait, le Chef de l’État avait rapidement ordonné la réhabilitation complète du site, inscrivant ainsi cet édifice dans la dynamique du renouveau national.

Aujourd’hui, alors que la Cité de la Démocratie renaît de ses cendres et s’impose comme un symbole fort du Gabon nouveau, l’absence de ces deux acteurs clés interroge. Comment comprendre que ceux qui ont été à l’origine de cette prise de conscience ne figurent pas parmi les invités de marque ? Peut-on célébrer une renaissance sans reconnaître ceux qui ont contribué à en poser les fondations ?

Dans les milieux journalistiques, cette omission est perçue comme un paradoxe, voire une injustice silencieuse. Car au-delà des discours officiels et des honneurs protocolaires, la mémoire collective retient souvent des faits simples : avant les décisions politiques, il y a eu un regard, une caméra, une plume.

Si demain les autorités mettront en avant les efforts consentis pour redonner vie à ce haut lieu de la République, nombreux sont les Gabonais qui se souviendront que tout a commencé par un cri d’alerte médiatique. Une vérité difficile à effacer.

L’histoire, elle, ne se contente pas des cérémonies. Elle s’écrit aussi dans les marges, là où naissent les prises de conscience. Et dans celle de la Cité de la Démocratie, le rôle de Victor Moundounga et Henrik Boukoko restera, qu’on le souligne ou non, une évidence.





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Assistant Edu Gabon

Judex MANFOUMBI
Judex MANFOUMBI

Directeur de publication

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