La cérémonie de remise des chèques du programme « Osons le changement » a pris, cette semaine, des allures de moment fondateur pour l’autonomisation féminine au Gabon. Sous l’impulsion directe de la Première Dame, Zita Oligui Nguema, 19 jeunes mères ont reçu un financement global de 19,5 millions de FCFA, dans le cadre d’un dispositif structuré mêlant accompagnement social, formation et insertion économique.
Derrière les discours officiels et les poignées de main protocolaires, c’est une vision qui s’affirme : celle d’une Première Dame qui s’érige en actrice centrale des politiques sociales, notamment sur les questions de vulnérabilité féminine et d’entrepreneuriat des jeunes.
La présence de membres du gouvernement, dont le ministre en charge de l’Entrepreneuriat et des PME ainsi que la ministre des Affaires sociales, confirme que cette initiative ne s’inscrit pas en marge, mais bien au cœur de l’architecture sociale de l’État.
En s’impliquant personnellement dans ce programme, Zita Oligui Nguema imprime une orientation claire : transformer l’assistance en opportunité et faire de la vulnérabilité un point de départ vers un projet économique viable. L’objectif affiché est de rompre avec les logiques d’aide ponctuelle pour installer des mécanismes durables d’autonomisation.
De la sélection à la transformation
Le parcours des bénéficiaires illustre cette exigence de rigueur. Sur 45 candidates initiales, seules 19 ont été retenues à l’issue d’un processus structuré. Trois semaines de formation intensive en gestion et marketing digital ont précédé un mois de travail de terrain destiné à confronter les idées à la réalité du marché. À cela s’est ajouté un coaching personnalisé pour affiner les business plans.
Le dispositif dépasse ainsi la simple logique de subvention. Il s’agit de construire de véritables profils entrepreneuriaux, capables de résister aux aléas économiques. La philosophie est claire : financer, certes, mais surtout préparer à réussir.
Un modèle encadré et suivi
Le partenariat avec AFG Bank apporte une dimension financière structurante. Le financement est réparti en deux tranches, conditionnées à des critères précis de suivi et de performance. Un premier déblocage permet de lancer l’activité ; le second est soumis à une évaluation sur le terrain.
Cette approche graduée introduit une discipline rare dans les dispositifs d’appui aux jeunes entrepreneurs. Elle vise à limiter les échecs précoces et à renforcer la viabilité des projets, tout en instaurant une culture de responsabilité et de performance.
Une ouverture internationale assumée
La cérémonie a également revêtu une dimension diplomatique, avec la présence de représentants de Organisation internationale de la Francophonie et de partenaires étrangers, notamment la Corée. Cette visibilité internationale repositionne le Gabon comme un laboratoire d’expérimentation sociale, où l’inclusion féminine devient un levier de coopération et de rayonnement.
Au-delà des chiffres, l’enjeu demeure profondément humain. Ces 19 jeunes femmes, souvent confrontées à des parcours de vie difficiles, accèdent désormais à une autonomie économique et à une dignité retrouvée. Le succès de cette première cohorte ouvre la voie à une possible extension du programme.
En filigrane se dessine une ambition : faire en sorte que la maternité précoce ne rime plus avec exclusion, mais avec seconde chance. « Osons le changement » dépasse ainsi le cadre d’un simple projet pour devenir un signal politique fort : investir dans les femmes, c’est investir dans la stabilité sociale et le développement durable du Gabon.
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