Libreville, 2ᵉ arrondissement. C’est depuis le siège social du CAPPE que son leader, Emmanuel Mve Mba, a convoqué la presse ce samedi matin pour une mise au point sans détour. Face aux rumeurs relayées par certains médias évoquant une prétendue défaite judiciaire contre UBA Gabon, Ecobank et Orabank, le ton est offensif. « Je ne suis pas venu nuancer, je suis venu rétablir la vérité », lance-t-il d’entrée.
Selon lui, la confusion autour de la décision du tribunal de commerce de Libreville serait « savamment entretenue ». Contrairement à ce qui a été avancé, le CAPPE n’a pas été débouté. Bien au contraire, affirme-t-il, les banques ont été condamnées à payer les dépens. « Si nous avions perdu, le tribunal aurait condamné le CAPPE à payer les dépens. C’est celui qui perd qui paie », martèle-t-il, dans une démonstration qu’il veut pédagogique.
Le fond du dossier, lui, reste intact. Les 49 milliards de francs CFA réclamés au nom des épargnants lésés n’ont pas encore été examinés. Et c’est précisément sur ce point que le leader du CAPPE situe l’enjeu réel. Il accuse les conseils des établissements bancaires de multiplier les exceptions de forme pour retarder l’ouverture du débat de fond, contestant notamment la capacité juridique du CAPPE à agir en justice, en l’assimilant à un simple syndicat d’enseignants du secteur public.
Une interprétation qu’il rejette fermement, s’appuyant sur une décision de la Cour de justice de la CEMAC, qui aurait jugé recevable la requête du mouvement. « Si la Cour de justice de la CEMAC a reconnu notre capacité à agir, il n’y a plus de débat », tranche-t-il. Une requête en révision a d’ailleurs été introduite, intégrant cette décision comme pièce centrale afin, dit-il, de « forcer l’ouverture du fond ».
Parallèlement à la procédure engagée à Libreville contre les banques, une autre action est en cours à N’Djamena. Celle-ci vise l’État gabonais et la COBAC, organe de régulation bancaire sous-régionale. Suspendue un temps par une décision du président de la Commission de la CEMAC, la procédure a repris. « Nous poursuivons deux acteurs : ici les banques, à N’Djamena l’État et la COBAC », précise Mve Mba.
La conférence a toutefois pris une tournure plus grave lorsque le leader du CAPPE a évoqué des menaces d’empoisonnement, d’agression et de déstabilisation, qu’il attribue à certains membres du mouvement. Il annonce l’exclusion prochaine de ceux qu’il accuse d’avoir relayé de fausses informations à des journalistes « certainement instrumentalisés ».
Malgré les pressions alléguées, Emmanuel Mve Mba se veut inflexible. Si la fixation du montant tarde ou si l’exécution pose problème, le dossier pourrait, prévient-il, être porté devant les juridictions compétentes à l’échelle régionale, notamment à Abidjan. « Nous ne reculons pas. Nous ne serons pas influencés », affirme-t-il, déterminé à poursuivre une bataille judiciaire qui, de toute évidence, est loin d’avoir livré son verdict.
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