Libreville, le 8 novembre 2025 — C’est depuis la salle du Réseau National des Journalistes Indépendants (RENAJI) que l’Organisation des Marins et Employés des Ports et Rades (OMEPR) a tenu une conférence de presse pour dénoncer ce qu’elle qualifie de « dérive institutionnelle et d’abus systématiques » au sein de la société PESCHAUD GABON.
Sous la direction de son président, René Mackbarre Makosso, l’OMEPR, syndicat reconnu d’utilité publique, a révélé une série de faits jugés « graves et récurrents » portant atteinte à la dignité, à la sécurité et aux droits fondamentaux des marins gabonais. Selon l’organisation, ces travailleurs subissent depuis plus de quinze ans l’absence de contrats d’engagement maritime, des traitements discriminatoires par rapport à leurs collègues étrangers, des licenciements abusifs, ainsi que des entraves à la liberté syndicale.
L’OMEPR pointe du doigt la responsabilité de M. Alain Rai Ondo Abagha, responsable du Bureau de la Réglementation et du Contentieux à la Délégation des Affaires Maritimes de l’Ogooué-Maritime. Ce dernier, censé protéger les marins, serait au contraire accusé d’entretenir une proximité douteuse avec la société PESCHAUD, au détriment des travailleurs gabonais.
Le syndicat dénonce également une collusion frauduleuse entre certains responsables administratifs, le président du SYGAMA, M. Madola Bokamba Moïse, et le directeur des ressources humaines de PESCHAUD, M. Jean Paul Kounde, un ressortissant camerounais. Cette alliance aurait conduit, selon l’OMEPR, à la marginalisation de son organisation, à la manipulation des procédures d’arbitrage, ainsi qu’à l’exclusion de représentants légitimes des marins dans les comités de suivi et les inspections navales.
Plus inquiétant encore, des marins auraient signalé en janvier 2025 l’utilisation de faux brevets de capitaine illimité d’origine russe par des travailleurs étrangers. Ces alertes, loin d’être examinées, auraient conduit à des sanctions et licenciements des lanceurs d’alerte.
Face à ces abus, l’OMEPR réclame l’annulation du comité de suivi actuel, la création d’une Commission nationale d’arbitrage indépendante à Libreville, la protection effective des marins gabonais et une enquête administrative sur les agissements de M. Ondo Abagha et les soupçons d’enrichissement illicite dans la Délégation maritime.
Enfin, le syndicat en appelle à Son Excellence le Général Brice Clotaire Oligui Nguema, Président de la République, pour rétablir la justice sociale et faire respecter les droits des travailleurs du secteur maritime.
Fidèle à sa mission, l’OMEPR affirme demeurer mobilisée pour la défense des marins gabonais et la restauration d’un environnement de travail juste, transparent et conforme aux lois nationales et internationales.
Judex MANFOUMBI

