Alors que les conseillers municipaux du pays étaient réunis ce dimanche pour désigner les maires centraux, une situation pour le moins surprenante s’est produite à Mouila, chef-lieu de la Ngounié. Des informations concordantes font état d’une alliance inattendue entre l’Union Démocratique des Bâtisseurs (UDB), le Parti Social Démocrate (PSD) de Pierre Claver Maganga Moussavou, et le Parti Démocratique Gabonais (PDG). Cette coalition de circonstance aurait permis à Fidèle Boucka, un ancien pédégiste récemment « recyclé » à l’UDB, d’être élu maire de Mouila — au détriment de l’association « J’aime Mouila », pourtant arrivée en deuxième position avec six conseillers municipaux.
Cette manœuvre politique, jugée par beaucoup comme une “soupe électorale” contraire à l’esprit de la transition, contredit ouvertement le message d’inclusivité et de renouvellement porté par le président Brice Clotaire Oligui Nguema et le secrétaire général de l’UDB. En effet, les deux hommes ont toujours insisté sur la nécessité de promouvoir de nouvelles figures émergentes capables d’incarner la refondation politique du pays.
En écartant arbitrairement « J’aime Mouila », mouvement jeune et dynamique conduit par Gildas Charment Bivouli et soutenu par leur président d’honneur Nicaise Moulombi, cette alliance contre-nature envoie un signal contraire à la volonté de changement prônée par la Transition. Les membres de l’association ont d’ailleurs réaffirmé leur fidélité au chef de l’État et leur détermination à « défendre jusqu’au bout les idéaux du président Oligui Nguema », refusant de céder face à ce qu’ils qualifient de « déni démocratique »
Cette élection soulève une fois de plus la question urgente de la réforme du code électoral. Beaucoup estiment qu’il serait plus juste que le candidat arrivé en tête ne puisse négocier qu’avec le deuxième, afin de respecter la hiérarchie des suffrages exprimés. Dans le cas contraire, les alliances opportunistes continueront de fausser la représentation populaire.
Il est en effet paradoxal, voire antidémocratique, qu’un candidat ne disposant que de deux conseillers puisse accéder à la tête d’une mairie, tandis que celui qui en a six soit écarté par des jeux d’appareil. À Mouila, cette situation illustre tristement le fossé qui persiste entre les discours de refondation et les pratiques politiciennes d’un autre âge.
Affaire à suivre…

