Crise au PDG : la base réclame la rupture avec Oligui et l’UDB, Blaise Louembé fragilisé

Libreville, 5 octobre 2025 – Le Parti démocratique gabonais (PDG) traverse une zone de turbulences sans précédent. Le communiqué lu le 2 octobre par sa secrétaire générale, Angélique Ngoma, a provoqué une onde de choc interne. Jugé trop lisse et éloigné du ton virulent des débats post-électoraux, ce texte a révélé au grand jour les fractures profondes au sein de l’ancien parti au pouvoir. Entre une direction accusée de compromission et une base militante décidée à rompre avec le pouvoir d’Oligui Nguema et l’Union démocratique des bâtisseurs (UDB), le PDG vacille sur son avenir.

Lors de la réunion post-électorale organisée après le scrutin du 27 septembre, les échanges ont viré au règlement de comptes. La majorité des intervenants ont ouvertement critiqué la stratégie du président du parti, Blaise Louembé, accusé d’avoir livré le PDG à une alliance « floue et suicidaire » avec l’UDB. Selon plusieurs cadres, l’accord de soutien mutuel entre les deux formations n’a jamais été formalisé par écrit, transformant ce pacte verbal en un « chèque en blanc » offert au pouvoir.

Pour nombre de militants, cette entente a ruiné la crédibilité du PDG et affaibli ses chances électorales. « Nous avons été roulés dans la farine », a lancé un cadre lors de la réunion, dénonçant « l’ingratitude » du président Oligui et « la voracité » de son parti. L’UDB est accusée d’avoir confisqué les positions électorales au détriment de ses alliés, reléguant le PDG au rang de figurant.

Face à cette humiliation perçue, une fronde interne s’organise. Plusieurs responsables politiques exigent la démission immédiate de Blaise Louembé et plaident pour un virage radical vers l’opposition. Leur mot d’ordre : se retirer du second tour prévu le 11 octobre et assumer un positionnement clair contre le pouvoir. Une ligne politique qui fait écho aux positions d’Alain-Claude Bilié-By-Nze, partisan d’un PDG libre et indépendant.

Le communiqué officiel d’Angélique Ngoma, qui fixait cinq conditions pour la participation au second tour – réforme des commissions, encadrement des procurations, libre accès des représentants, sanctions et transparence du dépouillement – est donc apparu en total décalage avec la colère des troupes.

Derrière les sourires diplomatiques, le PDG est à la croisée des chemins. S’il ne tranche pas rapidement entre continuité et rupture, il risque de sombrer dans une crise ouverte. L’avenir de Blaise Louembé est plus incertain que jamais, et celui du PDG pourrait bien se jouer dans les jours à venir.

 

Judex MANFOUMBI



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